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Turquie, Syrie et...
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Raskolnikoff
V.I.P
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MessagePosté le: 11 Sep 2012 0:03    Sujet du message: Répondre en citant

http://www.voltairenet.org/Les-mirages-et-illusions-de

La tendance en Syrie
Les plans américano-turcs : des mirages et des illusions


Par Ghaleb Kandil

Les États-Unis et la Turquie ont intensifiĂ© leurs ingĂ©rences directes en Syrie Ă  travers le renforcement du nombre, du matĂ©riel et des prĂ©rogatives des chambres d’opĂ©rations militaires. Les dĂ©clarations des derniers jours laissent penser qu’une nouvelle Ă©tape de l’agression contre la Syrie est en voie de prĂ©paration.
Les concertations intensives, menĂ©es par Washington et Ankara, interviennent aprĂšs les cuisantes dĂ©faites infligĂ©es par l’ArmĂ©e arabe syrienne aux groupes terroristes Ă  Alep et dans d’autres rĂ©gions troubles du pays, oĂč s’activent les escadrons de la mort, les agents de l’Otan et les mercenaires financĂ©s par les pĂ©tromonarchies obscurantistes du Golfe. Les discussions entre les parties turques et Ă©tats-uniennes Ă  Ankara ont portĂ© sur le renforcement des opĂ©rations de contrebande d’armes et d’argent, et sur les moyens d’amĂ©liorer les liaisons et les communications cryptĂ©es entre les chambres d’opĂ©rations militaires installĂ©es en Turquie et les groupes terroristes en Syrie. L’objectif est de mieux structurer, guider et dĂ©placer les groupes armes, sur la base des informations recueillies par les images des satellites ou collectĂ©es par les espions sur le terrain, sur les mouvements des troupes syriennes, de leur organigramme et de leurs mĂ©thodes de combat, qui restent un mystĂšre impĂ©nĂ©trable pour les Occidentaux et leurs auxiliaires turcs et du Golfe, surtout aprĂšs les rĂ©sultats des batailles de Damas et d’Alep.
Le ton Ă©levĂ© des responsables US et turcs concernant les Ă©vĂ©nements en Syrie est en totale contradiction avec les propos Ă©changĂ©s dans les coulisses et les salons diplomatiques. Citant de hauts responsables sĂ©curitaires Ă  Washington et Ankara, des visiteurs arabes rapportent que le projet de renverser le prĂ©sident Bachar el-Assad et de nĂ©gocier les conditions politiques pour une transition, ainsi que les tentatives de prolonger la guerre des escadrons de la mort, se heurtent Ă  des murs solides aussi bien Ă  l’intĂ©rieur de la Syrie que sur le plan des positions de la Russie et de la Chine.
Les rĂ©alitĂ©s montrent que la force de l’ArmĂ©e arabe syrienne, sa soliditĂ© et le soutien populaire dont elle bĂ©nĂ©ficie, augmentent de jour en jour, tandis que les exactions, les actes de barbarie et les Ă©checs successifs essuyĂ©s par les bandes armĂ©es ne passent plus inaperçus, mĂȘme dans les medias occidentaux. La population Ă©prouve un rejet de plus en plus marquĂ© pour les terroristes, dont une grande partie sont des jihadistes extrĂ©mistes Ă©trangers, qui sĂšment la terreur dans les villes et les villages syriens, et qui sont venus dĂ©truire l’État syrien dans toutes ses dimensions, pour ramener la Syrie cent ans en arriĂšre. Le sentiment d’appartenance nationale s’est exacerbĂ© et un vaste Ă©lan pour la dĂ©fense de la patrie est visible, pour des observateurs et des journalistes qui ne peuvent pas ĂȘtre accusĂ©s de sympathie pour le pouvoir syrien. La bataille mĂ©diatique est pratiquement perdue pour les bandes extrĂ©mistes Ă  l’intĂ©rieur de la Syrie, et un dĂ©but de changement est palpable auprĂšs de l’opinion publique internationale.
Face Ă  ces rĂ©alitĂ©s, les pays impliquĂ©s dans la guerre contre la Syrie ont procĂ©dĂ© Ă  une vaste opĂ©ration mediatico-psychologique pour tenter de remonter le moral des groupes armĂ©s, dĂ©cimĂ©s par les pertes Ă©normes subies face Ă  l’armĂ©e syrienne. La mediasphĂšre a Ă©tĂ© inondĂ©e par des nouvelles sur une offensive par-ci et une offensive par-la, par l’occupation de 80 % d’Alep etc
 Les autoritĂ©s syriennes ne prennent mĂȘme plus la peine de rĂ©pondre Ă  ces mensonges, d’autant que les journalistes qui connaissent bien le terrain, comme le Britannique Robert Fisk (connu pour ses critiques impitoyables contre le rĂ©gime syrien), qui Ă©tait rĂ©cemment Ă  Alep, connaissent la vĂ©ritĂ©. Ils Ă©crivent dans leurs reportages et leurs comptes-rendus que sur tous les fronts, l’armĂ©e syrienne est passĂ©e Ă  l’offensive et que les miliciens extrĂ©mistes ne parviennent pas a rĂ©sister Ă  l’avancĂ©e irrĂ©sistible des troupes rĂ©guliĂšres, qui frappent d’une main de fer les QG, les lignes de ravitaillement et les zones de regroupements des mercenaires et des jihadistes. Le soutien apportĂ© par la population Ă  l’armĂ©e —et que ces journalistes ne parviennent plus Ă  cacher— apparaĂźt dans la coopĂ©ration entre les militaires et les civils, qui ont surmontĂ© le mur de la peur et informent la troupe des repĂšres et des caches des terroristes. Sans parler que de nombreux civils ont carrĂ©ment rejoint les rangs de l’armĂ©e pour combattre ce qu’ils considĂšrent dĂ©sormais comme une invasion Ă©trangĂšre de leur pays.
Dans le mĂȘme temps, les consĂ©quences de l’implication en Syrie du gouvernement de « l’illusion ottomane » commencent Ă  apparaĂźtre Ă  l’intĂ©rieur mĂȘme de la Turquie ces deux derniĂšres semaines :
- Les propos confessionnels de Recep Tayyeb Erdogan, qui multiplie les dĂ©clarations sur la « guerre civile » en Syrie, menacent la stabilitĂ© en Turquie mĂȘme, oĂč des voix s’élĂšvent pour dĂ©noncer les dĂ©rives sectaires du Premier ministre.
- Par ses maladresses, Erdogan a ouvert la boite Ă  Pandore des Kurdes. La guĂ©rilla kurde, qui s’était presque Ă©teinte, reprend vigoureusement dans le Sud-est de la Turquie.
- La Turquie, qui tirait profit des accords Ă©conomiques avec la Syrie, voit sa porte vers l’hinterland arabe fermĂ©e hermĂ©tiquement. Les pertes essuyĂ©es par les commerçants et les industriels turcs se chiffrent en milliards de dollars.
Dans un tel contexte, les projets de zone tampon ou de passages sĂ©curisĂ©s en Syrie se transforment en mirage, surtout que la Syrie a clairement annoncĂ©, par la bouche de la conseillĂšre prĂ©sidentielle en visite Ă  PĂ©kin, qu’elle considĂ©rerait de tels arrangements comme des actes de guerre et qu’elle dĂ©fendrait sa souverainetĂ© nationale avec toute la force dont elle dispose. Les stratĂšges Ă©tats-uniens craignent que de la mise en Ɠuvre de tels projets ne provoquent une grande guerre rĂ©gionale qui mettrait en danger l’existence mĂȘme d’IsraĂ«l.
Le quotidien britannique The Guardian a rapporte l’échec des concertations amĂ©ricano-turques, qui ne sont pas parvenues Ă  une vision commune autour de la zone tampon. Selon le journal, les États-uniens auraient transmis une mise en garde aux Turcs et auraient clairement exprimĂ© leur refus d’imposer par la force, et en dehors du cadre des Nations unies, des rĂ©gions sĂ©curisĂ©es en Syrie.
ImpliquĂ©s jusqu’au cou dans la guerre contre la Syrie, les États-Unis, la Turquie et les pĂ©tromonarchies du Golfe, voient leurs marges de manƓuvres de plus en plus rĂ©duites, surtout qu’ils ont Ă©puisĂ© presque tout ce que leur imagination est capable de produire pour nuire Ă  la Syrie.
Les derniĂšres gesticulations de cette coalition ne sont que les ultimes tentatives pour sauver de l’effondrement un complot qui a nĂ©cessitĂ© des efforts colossaux et des investissements considĂ©rables. Mais les indices du fiasco inĂ©luctables ne trompent pas, mĂȘme s’il faudra encore quelques mois avant que les comploteurs n’admettent ouvertement leur dĂ©faite.
DĂ©clarations et prises de positions

Nabih Berry, président du Parlement libanais
« Qui est la partie qui veut au Liban tout ce mal ? Qui couvre ce qui se passe ? L’absence de toute responsabilitĂ© politique et de tout rĂŽle des autoritĂ©s, partis et forces politiques face aux Ă©vĂ©nements, est inacceptable. Est-ce un partage des rĂŽles, des rues et des rĂ©gions, dans un pays trop petit pour ĂȘtre divisĂ© ? La patrie se serait-elle transformĂ©e en parcelle livrĂ©e aux communautĂ©s et aux catĂ©gories qui s’entrecroisent ? Ne savons-nous pas que ceux qui ont enlevĂ© nos fils sur le chemin de retour, ou Ă  Damas, veulent en rĂ©alitĂ© kidnapper le Liban ? Si chacun veut s’approprier le Liban, oĂč se trouve alors notre espace, notre place en tant que Libanais ? Ou alors sommes-nous en train de composer Ă  notre mesure une nouvelle Loya Jirga. L’État reste, en dĂ©pit de ses dĂ©faillances, la seule entitĂ© capable de chapeauter toutes les parties. À quoi cela servirait-il, dans un instant de folie, de transformer le pays en asile, offrant un spectacle de coexistence par le feu des armes ? C’est lĂ  un appel Ă  la raison... non Ă  la Loya Jirga. »

Michel Aoun, leader du Courant patriotique libre (Allié du Hezbollah)
« Les incidents qui se produisent dans certaines rĂ©gions libanaises resteront confinĂ©s Ă  ces rĂ©gions. Cela est dĂ» au fait que le camp politique auquel appartient le CPL s’est montrĂ© capable de circonscrire ces incidents et d’y mettre un terme lorsque le besoin s’en ressent. Toutefois, le Liban est en danger. Mais ce danger vient davantage de l’extĂ©rieur que de l’intĂ©rieur, car les protagonistes qui veulent la guerre Ă  l’intĂ©rieur ne sont pas capables de l’allumer, alors que les parties qui en sont capables ne la veulent pas. Le Liban est influencĂ© par les Ă©vĂ©nements qui se dĂ©roulent dans les pays qui l’entourent, et en particulier la Syrie, du fait de leurs intĂ©rĂȘts communs et des liens qui les unissent. C’est pour cela que le CPL a dĂ©cidĂ© d’établir les meilleures relations possibles avec la Syrie, mais de façon Ă©quilibrĂ©e. NĂ©anmoins, nous avons laissĂ© les questions politiques prendre leur cours normal, c’est-Ă -dire par le biais de l’État libanais, parce que le CPL n’entend pas entretenir des relations secrĂštes ou parallĂšle avec une quelconque partie extĂ©rieure. »

Samir Geagea, chef des Forces libanaises (Proaméricain)
« La crise syrienne ne se transportera pas au Liban et il n’y a pas de crainte qu’une nouvelle guerre civile y Ă©clate en dĂ©pit du fait que certains alliĂ©s du rĂ©gime syrien, et Ă  leur tĂȘte le Hezbollah, tentent de susciter des problĂšmes Ă  l’intĂ©rieur du pays pour allĂ©ger la pression que subit ce rĂ©gime. L’affaire de l’arrestation de l’ancien ministre Michel Samaha a prouvĂ© que le rĂ©gime de Bachar al-Assad s’efforçait derniĂšrement de semer la zizanie au Liban entre alaouites et sunnites, d’un cĂŽtĂ©, et entre chrĂ©tiens et sunnites, de l’autre. Le prĂ©sident de la RĂ©publique, Michel Sleiman, fait tout ce qu’il est possible de faire pour Ă©viter au Liban de retomber dans la guerre civile et pour prĂ©server ce qui subsiste de l’État libanais. En Syrie, la chute du rĂ©gime n’est plus qu’une question de temps. L’affaire pourrait prendre quelques mois. AprĂšs la chute du rĂ©gime, le Liban sera dĂ©barrassĂ© de l’un de ses plus grands problĂšmes. Nous aurions alors une occasion plus propice pour Ă©difier un État capable, dans la mesure oĂč le rĂ©gime syrien empĂȘchait d’atteindre cet objectif, aux cĂŽtĂ©s bien sĂ»r du Hezbollah. L’Occident doit soutenir l’ASL pour qu’elle gagne sa bataille. Il faudrait que l’Otan intervienne incessamment, comme elle l’avait fait en Libye. Le problĂšme, c’est que lorsqu’il n’existe pas d’intĂ©rĂȘt politique ou stratĂ©gique bien dĂ©fini, personne ne se prĂ©occupe de ce qui se passe. »

Général Abbas Ibrahim, directeur de la Sûreté générale libanaise
« Ce qui se passe dans la rĂ©gion, et en particulier en Syrie, a des rĂ©percussions sur nous. L’apparition de groupes armĂ©s est l’une des consĂ©quences de la crise syrienne. Mais le Liban ne se laissera pas entraĂźner vers la guerre civile. Je ne suis pas inquiet Ă  ce sujet. La guerre civile ne peut Ă©clater lorsqu’un problĂšme reste limitĂ© Ă  une rĂ©gion. De plus, une guerre civile a besoin d’interventions internes et Ă©trangĂšres. Or je ne crois pas qu’il existe au Liban une volontĂ© politique et populaire d’orienter le pays dans cette direction. L’extrĂ©misme est la principale cause de ce qui se passe Ă  Tripoli et ce phĂ©nomĂšne n’est pas innocent. Mais nous faisons tout pour que la boule de feu tripolitaine ne s’étende pas Ă  d’autres rĂ©gions. Nous localisons les rĂ©gions sensibles et nous multiplions les contacts pour Ă©viter l’éclatement d’incidents. Nous entreprenons des contacts avec toutes les parties, et les diffĂ©rentes institutions militaires et sĂ©curitaires coordonnent entre elles. La route de l’aĂ©roport ne sera plus fermĂ©e, ainsi que les autres routes d’ailleurs. »

Ali Abdel Karim Ali, ambassadeur de Syrie au Liban
« Le Liban devrait renforcer le contrĂŽle de ses frontiĂšres avec la Syrie et empĂȘcher le trafic d’armes vers le territoire syrien. Il doit Ă©viter de rĂ©pondre aux appels de la communautĂ© internationale visant Ă  accroĂźtre la pression sur la Syrie. La stabilitĂ© du Liban est Ă©troitement liĂ©e Ă  la stabilitĂ© en Syrie. Il y a des liens fraternels entre les deux pays, des accords ont Ă©tĂ© signĂ©s entre Beyrouth et Damas afin de coordonner les relations bilatĂ©rales et nous tenons Ă  respecter ces relations et Ă  les renforcer. Le prĂ©sident et le Premier ministre libanais ont affirmĂ©, Ă  plusieurs reprises, que le Liban cherche Ă  se distancer de la crise syrienne. Nous espĂ©rons que ces dĂ©cisions se concrĂ©tiseront sur le terrain car il y a toujours des violations Ă  la frontiĂšre entre les deux pays. Les appels Ă  rompre les relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie sont irresponsables. »

Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangÚres
« Il faut tout faire pour Ă©viter un embrasement au Liban. La France soutient la politique du gouvernement libanais de rester Ă  l’écart du conflit en Syrie. Il y a au Liban des groupes contagieux qui veulent entraĂźner le pays dans la tourmente. J’ai Ă©voquĂ© ce sujet avec les prĂ©sidents de la RĂ©publique, Michel Sleiman, du Parlement, Nabih Berry, et du Conseil, Nagib Mikati, lors de ma rĂ©cente visite Ă  Beyrouth et, tout rĂ©cemment au tĂ©lĂ©phone, avec le patriarche maronite, Mgr BĂ©chara RaĂŻ. Il est plus facile de le dire que de le faire. Les contacts se poursuivent tant pour trouver une amorce de sortie de crise que pour Ă©viter que le Liban ne vienne Ă©largir une zone oĂč des conflits intercommunautaires risquent d’éclater au grand jour et de durer des annĂ©es. »
Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 23 août 2012)
Le coordinateur du Courant du futur Ă  Tripoli, l’ancien dĂ©putĂ© Moustapha Allouche, a accusĂ© plusieurs parties rĂ©gionales de provoquer des incidents Ă  Tripoli, dont la Syrie, Qatar et l’Arabie saoudite.
Intervenant dans le cadre de l’émission « Le jeu des nations », diffusĂ©e mercredi par la tĂ©lĂ©vision al-Mayadine, M. Allouche a dĂ©clarĂ© : « En tant que courant politique, nous pensons que le rĂ©gime syrien allume le front de Tripoli habituellement, mais pas toujours, afin de servir ses propres intĂ©rĂȘts. Les victimes sont les fils de Tripoli et le Liban. Les combattants sont aussi les victimes de ce jeu ».
Et M. Allouche de poursuivre : « L’acteur proclamĂ© est le rĂ©gime syrien, alliĂ© des parties de Jabal Mohsen, comme elles-mĂȘmes le reconnaissent. A Bab el-TebbanĂ©, il existe des forces bizarroĂŻdes. Certaines sont alliĂ©es Ă  la Syrie et au Hezbollah, d’autres Ă  l’Arabie saoudite, au Qatar ou Ă  des composantes du 14-Mars. Par consĂ©quent, on ne peut pas Ă©tablir une carte politique ni mĂȘme militaire pour expliquer ce qui se passe actuellement Ă  Tripoli ».
Moustapha Allouche a estimĂ© que les États-Unis veulent dĂ©membrer la rĂ©gion, notamment la Syrie, l’Irak et le Liban. Commentant la politique de Washington au Liban, l’ancien dĂ©putĂ© a affirmĂ© : « Je ne fais confiance Ă  la politique d’aucun État. Il n’y a pas d’associations caritatives mais des pays qui ont des intĂ©rĂȘts ».

As Safir (23 août 2012)
Mohammad Ballout, correspondant a Paris
Le prĂ©sident du Conseil national syrien (CNS), Abdel Basset Sayda, a dĂ©clarĂ© que Manaf Tlass et Riad Hijab n’auront pas leur place dans le gouvernement temporaire, parce qu’ils n’étaient pas aux cĂŽtĂ©s de la rĂ©volution dĂšs ses dĂ©buts.
Le CNS fait de nouveau la une des mĂ©dias français : le prĂ©sident François Hollande avait subi une campagne politico-mĂ©diatique menĂ©e par l’opposition, qui l’accusait de nĂ©gliger le dossier syrien. De retour au Palais de l’ÉlysĂ©e, il a reçu certains dirigeants du CNS devant les objectifs des camĂ©ras pour allĂ©ger les pressions politiques dans un dossier qu’il ne saurait ignorer, d’autant que la rĂ©volte syrienne suscite une vaste sympathie populaire. Mais le prĂ©sident Hollande ne s’activera pas dans ce dossier avant les prĂ©sidentielles amĂ©ricaines, et que la France n’est pas enthousiaste Ă  l’idĂ©e d’aller au-delĂ  de l’appui logistique Ă  l’opposition syrienne, divisĂ©e politiquement.
Les Occidentaux s’emploient Ă  prĂ©sent Ă  unifier l’opposition militaire, aprĂšs avoir dĂ©sespĂ©rĂ© de pouvoir unifier l’opposition politique.

As Safir (21 août 2012)
Imad Marmal
La RĂ©sistance a prouvĂ© une fois de plus ĂȘtre capable de se mettre a l’écart des conflits internes au Liban. En effet, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, a pris de court le public en annonçant, dans son discours prononcĂ© Ă  l’occasion de la JournĂ©e mondiale d’al-Qods, une nouvelle Ă©quation relative au conflit avec IsraĂ«l. Nasrallah a voulu tout simplement dire que le « travail va bon train », en dĂ©pit de l’intimidation exercĂ©e contre la RĂ©sistance, et que cette derniĂšre continue Ă  renforcer ses capacitĂ©s en vue de faire face aux menaces israĂ©liennes.
Des tĂ©nors du 14-Mars ne trouvent pas ce « surplus de force » rassurant. Ils considĂšrent que le parti met au point une stratĂ©gie de dĂ©fense en dehors des institutions de l’État, ce qui risque de projeter le Liban dans l’inconnu. MĂȘme le dĂ©putĂ© Walid Joumblatt s’est montrĂ© consternĂ© vis-Ă -vis du dernier discours de Nasrallah, auquel il compte rĂ©agir, sachant que la relation entre le chef du PSP et le Hezbollah est sur la corde raide.
De leur cĂŽtĂ©, les cadres du Hezbollah se disent Ă©tonnĂ©s par les sentiments de crainte et d’inquiĂ©tude suscitĂ©s par le discours de Nasrallah. Ils soulignent que toutes les Ă©quations Ă©tablies par le Hezbollah sont dĂ©fensives et visent Ă  dissuader IsraĂ«l d’envisager une agression contre le Liban. Ils ajoutent que Hassan Nasrallah, dans son dernier discours, a voulu jouer sur la fibre sensible israĂ©lienne, Ă  savoir l’élĂ©ment humain qui constitue le maillon faible de la composition de l’entitĂ© sioniste, en affirmant que les colons israĂ©liens seront pris pour cible dans l’éventualitĂ© d’une guerre.

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars)
Samir Tueni, correspondant Ă  Paris (23 aout 2012)
Des sources diplomatiques françaises estiment que le Liban se trouve sur un volcan depuis le début de la révolte en Syrie, et que les enlÚvements de ressortissants syriens et turcs dans des zones sous le contrÎle du Hezbollah confirment les craintes des pays occidentaux au sujet de la volatilité de la situation sécuritaire au Liban.
Ces sources suivent de prĂšs la politique de dissociation adoptĂ©e par le gouvernement libanais vis-Ă -vis de la crise syrienne–un gouvernement dont la majoritĂ© des membres reprĂ©sente des alliĂ©s du rĂ©gime en Syrie, alors que la majoritĂ© du peuple libanais soutient les revendications lĂ©gitimes du peuple syrien. Les mĂȘmes sources qualifient de dangereuses les tentatives des autoritĂ©s syriennes de dĂ©stabiliser le Liban, la derniĂšre en date Ă©tant les faits reprochĂ©s Ă  l’ancien ministre et dĂ©putĂ© Michel Samaha, au cas oĂč les informations Ă  ce propos se confirmeraient.
De mĂȘme, ces sources suivent l’attitude politique du Hezbollah, qui cherche Ă  prĂ©server ses acquis quels que soient les rebondissements en Syrie, et qui ne cessera pas de soutenir le rĂ©gime syrien. Elles font remarquer que son secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral sayyed Hassan Nasrallah a rendu hommage, dans son avant-dernier discours, aux quatre officiers des services de sĂ©curitĂ© syriens qui avaient pĂ©ri dans l’attentat de Damas, et les a qualifiĂ©s de martyrs et de compagnons d’armes dans son conflit avec IsraĂ«l. Et dans son dernier discours, il s’est abstenu d’évoquer les accusations selon lesquelles le rĂ©gime syrien aurait projetĂ© d’assassiner des responsables libanais.
À l’heure actuelle, le Hezbollah se retrouve Ă  un dangereux tournant : il n’est pas sans savoir que la fin du rĂ©gime de Bachar el-Assad coupera la route par laquelle il communique avec l’Iran. Ce sera en effet la fin de l’arc chiite qui s’étend de l’Iran au Liban sud en passant par la Syrie et l’Irak. Il se prĂ©pare donc Ă  l’aprĂšs-Assad ainsi qu’à une guerre intĂ©rieure au Liban, Ă  l’heure oĂč ses ennemis le pressent de dĂ©poser les armes.
En cas de revirement anti-iranien inopinĂ© en Syrie, le Hezbollah se retrouvera face Ă  plusieurs Ă©ventualitĂ©s : protĂ©ger ses acquis politiques Ă  travers une opĂ©ration militaire ou la menace d’une telle opĂ©ration, ou appeler Ă  un dialogue dans le but de livrer son arsenal militaire Ă  l’État libanais mais en contrepartie, il prĂ©servera ses privilĂšges politiques et en obtiendra d’autres au sein du pouvoir.
L’actualitĂ© rĂ©gionale, au premier rang de laquelle le dossier nuclĂ©aire iranien, entrera sans doute en ligne de compte, tout comme la possible entrĂ©e en scĂšne d’IsraĂ«l pour infliger au Liban une destruction Ă  l’instar de la destruction actuelle de la Syrie.

An Nahar (24 aout 2012)
Le ministre de la Justice Chakib Cortbaoui a remis jeudi au Parlement une demande pour une levĂ©e de l’immunitĂ© du dĂ©putĂ© islamiste du Courant du Futur MouĂŻn Merhebi. La demande a Ă©tĂ© adressĂ©e au secrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral du Parlement Ă  la demande du commandement de l’armĂ©e qui accuse M. Merhebi d’incitation Ă  la haine contre la troupe. Commentant cette mesure, le dĂ©putĂ© a indiquĂ© qu’il Ă©tait prĂȘt Ă  se soumettre Ă  une procĂ©dure judiciaire. Cependant, le Courant du futur avait annoncĂ© qu’il ne voterait pas en faveur de la levĂ©e de l’immunitĂ© de son dĂ©putĂ©.
Le commandement de l’armĂ©e avait annoncĂ© le 31 juillet avoir lancĂ© des « poursuites contre M. Merhebi qui persiste Ă  attaquer l’institution militaire et Ă  insulter ses responsables ». Le dĂ©putĂ© avait accusĂ© notamment le commandant en chef de l’armĂ©e, le gĂ©nĂ©ral Jean Kahwaji, de « prĂ©senter quotidiennement ses lettres de crĂ©ance Ă  la Syrie et Ă  l’Iran ». Le dĂ©putĂ© ne se prive pas d’attaquer l’institution militaire depuis la mort du cheikh Ahmed Abdel Wahed par balles Ă  un barrage de l’armĂ©e au Akkar, dans le nord du Liban.
L’armĂ©e avait annoncĂ© qu’elle ne rĂ©pondra plus aux attaques lancĂ©es contre elle par le dĂ©putĂ© Merhebi, ajoutant que le parlementaire sera poursuivi « devant les instances compĂ©tentes ». M. Merhebi avait affirmĂ©, dans un entretien accordĂ© au quotidien koweĂŻtien al-Jarida, publiĂ© hier, que « le Hezbollah et Michel Aoun contrĂŽlent totalement l’armĂ©e, au point que celle-ci exĂ©cute leur sale boulot ».

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 23 août 2012)
Nasser Charara
Les derniers combats de Tripoli ont Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ©s d’une sĂ©rie de visites entreprises par le cheikh Houssam Sabbagh, recherchĂ© par la justice libanaise, et le cheikh Nabil Rahim, rĂ©cemment de la prison de RoumiĂ©, Ă  un groupe de dignitaires religieux sunnites du Liban-Nord, considĂ©rĂ©s comme des alliĂ©s du Hezbollah et du rĂ©gime syrien. Les deux cheikhs ont informĂ© leurs interlocuteurs que le moment est venu de renier leurs alliances actuelles et de rejoindre le projet d’unification des forces sunnites de Tripoli pour faire face au Hezbollah, au rĂ©gime syrien et Ă  l’Iran.
Dans le mĂȘme temps, des rumeurs courent sur le fait que cheikh Sabbagh serait en fait l’émir d’Al-QaĂŻda au Liban-Nord, en remplacement de l’ancien numĂ©ro 1, dont l’identitĂ© aurait Ă©tĂ© dĂ©couverte par les services de sĂ©curitĂ© libanais il y a quatre mois aprĂšs l’interception d’un sms lors de la remise d’une somme d’argent Ă  un Koweitien membre de l’organisation. Le plus dangereux dans l’affaire du cheikh Sabbagh, c’est qu’Al-QaĂŻda semble dĂ©sormais impliquĂ©e dans un projet destinĂ© Ă  attirer ou terroriser les cheikhs sunnites proches du Hezbollah. De mĂȘme que l’organisation est devenue un acteur dans les Ă©vĂ©nements qui secouent Tripoli, Ă  un moment oĂč les informations se multiplient sur une volontĂ© de proclamer un Ă©mirat islamique au Liban-Nord.
Les deux cheikhs ont notamment rendu visite aux cheikhs Abdel Karim Nachar et Hachem Minkara, ainsi qu’à des jeunes responsables de quartiers proches du 8-Mars.
À chaque fois, les cheikhs Sabbagh et Rahim demandaient Ă  leurs interlocuteurs de publier un communiquĂ©, Ă  l’issue de la visite, attaquant le Hezbollah, la Syrie et l’Iran. Lors d’une visite, un de leurs interlocuteurs les a interrogĂ©s sur les raisons qui les poussaient Ă  s’attaquer Ă  un parti qui lutte depuis des annĂ©es contre IsraĂ«l. Ils ont rĂ©pondu qu’ils rĂȘvaient de combattre les IsraĂ©liens mais que le Hezbollah les en empĂȘchait. Leur interlocuteur leur a alors demandĂ© s’ils avaient vraiment besoin de l’autorisation du Hezbollah pour pratiquer le Jihad et si le Hezbollah leur imposait aussi de s’allier Ă  Samir Geagea, qui est accusĂ© d’avoir assassinĂ© un Premier ministre sunnite.

Al Akhbar
Ibrahim Al-Amine
La division politique au Liban vis-Ă -vis de la crise syrienne prend des proportions sectaires et confessionnelles exĂ©crables. Dans le contexte actuel, il est quasi impossible de tenir un dĂ©bat rationnel sur ce sujet : On est soit contre le rĂ©gime soit avec le rĂ©gime. C’est la formule simpliste Ă  laquelle ont recours les nouveaux takfiris, en d’autres termes les fondamentalistes islamistes, libĂ©raux, ou de la gauche.
Le problĂšme ne rĂ©side pas dans la partialitĂ© aveugle qui prĂ©vaut Ă  l’égard de la crise syrienne. Mais il se manifeste dans l’absence des vĂ©ritĂ©s tangibles. Pour ceux-lĂ , la Syrie n’a jamais Ă©tĂ© aux cĂŽtĂ©s de la RĂ©sistance. Son objectif Ă©tait d’instrumentaliser les rĂ©sistants pour ses propres intĂ©rĂȘts. Ils disent aussi que la Syrie n’a jamais Ă©tĂ© un État et qu’elle Ă©tait toujours une jungle gouvernĂ©e par le parti Baas et la famille Assad. De telles informations relayĂ©es par les chaĂźnes satellitaires contredisent toutes les vĂ©ritĂ©s.
Dans le mĂȘme contexte de ce jeu takfiri, engagĂ© par les adversaires du rĂ©gime, toutes appartenances confondues, tout dĂ©bat portant sur la situation de l’opposition syrienne constitue une mise en question de la moralitĂ©, de l’identitĂ© et des objectifs de la rĂ©volution syrienne. Pour les opposants au rĂ©gime, tout ce qui se passe sur le terrain doit ĂȘtre acceptĂ© comme Ă©tant une vĂ©ritĂ© inamovible, mĂȘme les pertes essuyĂ©es dans le cadre de la crise syrienne doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme Ă©tant le tribut de la grande rĂ©volution.
Si les adversaires du rĂ©gime syrien trouvent qu’il est normal que le Liban devienne la plaque tournante des opĂ©rations des opposants syriens armĂ©s, les partisans de Bachar al-Assad auront toute la lĂ©gitimitĂ© de mener des activitĂ©s visant Ă  soutenir le rĂ©gime Ă  partir des territoires libanais.

Al Akhbar (21 août 2012)
Amal Khalil
La France a prĂ©sentĂ© un projet de rĂ©solution au Conseil de sĂ©curitĂ© rĂ©clamant la reconduction d’un an du mandat de la Finul, Ă  compter de dĂ©but septembre : si la France en a le droit, tout comme les autres pays contributeurs et le gouvernement libanais, la requĂȘte française, particuliĂšrement zĂ©lĂ©e, semble receler d’autres intentions, selon des sources informĂ©es. Le gouvernement français a inclus dans ce projet une recommandation qui souligne la coopĂ©ration nĂ©cessaire entre les pays contributeurs Ă  la mission (de la Finul) et l’ArmĂ©e libanaise. Mais quelle est la Finul dont le mandat sera reconduit ? Cette question se justifie par les changements structurels et thĂ©oriques au sein de la force internationale.
La semaine derniĂšre, certaines composantes du 14-Mars ont de nouveau appelĂ© Ă  un dĂ©ploiement des forces internationales aux frontiĂšres nord du Liban avec la Syrie. Les voix qui s’élĂšvent pour brandir une telle revendication ne sont pas sans savoir que l’amendement de la rĂ©solution 1701 et le dĂ©ploiement de telles forces au nord nĂ©cessitent une rĂ©solution du Conseil de sĂ©curitĂ©. De mĂȘme, un amendement sous Chapitre VII reviendrait Ă  attribuer Ă  la Finul un rĂŽle rappelant celui de l’Otan, ce qui inclut Ă©galement le droit de recourir Ă  la force pour imposer la paix. Abstraction faite de la faisabilitĂ© d’un tel scĂ©nario, des sources officielles libanaises ne manquent pas de relever que des Libanais en agitent le spectre de temps Ă  autre, et indiquent que ce projet se recoupe avec la volontĂ© occidentale et israĂ©lienne, car il s’agit, Ă  l’origine, d’un rĂȘve que caresse
IsraĂ«l dans le but de faire tarir le transfert d’armes Ă  destination du Hezbollah.Le plan israĂ©lien consiste, selon les sources prĂ©citĂ©es, Ă  convaincre les alliĂ©s d’IsraĂ«l qu’il est temps de mettre en place une Finul-3 aprĂšs la force crĂ©Ă©e en vertu de la rĂ©solution 425 et la Finul renforcĂ©e qui a vu le jour avec la rĂ©solution 1701.
La France n’a pas attendu que quelqu’un rĂ©vĂšle son rĂŽle-clĂ© dans les derniers changements au sein de la Finul, menant en fin de compte Ă  une concrĂ©tisation du rĂȘve israĂ©lien. Elle a en effet ouvertement proposĂ©, il y a quelques mois, au Conseil de sĂ©curitĂ©, en coordination avec les États-Unis, d’accĂ©lĂ©rer la dĂ©limitation des frontiĂšres libano-syriennes, et de marquer l’importance de leur sĂ©curisation, Ă©tant donnĂ©e l’inquiĂ©tude due Ă  l’armement du Hezbollah.
Le contingent français de la Finul, dĂ©rogeant au mandat de la force internationale et aux dispositions de la 1701, a dĂ©pĂȘchĂ© certains de ses officiers au Liban-Nord, aux cĂŽtĂ©s d’une dĂ©lĂ©gation amĂ©ricaine, pour sonder le terrain au sujet d’un Ă©ventuel dĂ©ploiement d’une force internationale, en invoquant une participation de la Finul Ă  l’amĂ©nagement de corridors humanitaires sĂ©curisĂ©s pour venir en aide aux Syriens, et une remise en service de l’aĂ©roport de Kleyate Ă  cette fin. La France, convient-il de rappeler, est l’un des pays qui avaient appelĂ© avec insistance Ă  une revue stratĂ©gique du mandat de la Finul, aboutissant Ă  des changements dans la structure de son commandement
 le tout Ă  l’heure oĂč se poursuivent les tentatives de modifier les rĂšgles d’engagement, pour parvenir Ă  une fusion entre les rĂ©solutions 1701 et 1559.
Mais les projets relatifs au dĂ©ploiement de la Finul aux frontiĂšres nord, qui sera l’une des façons de mettre en Ɠuvre la rĂ©solution 1559, ne sont pas pour plaire aux habitants du Liban sud, « qui, seuls, prĂ©servent et protĂšgent la prĂ©sence de cette force au sud, et non les chars français Leclerc », selon des notables de cette rĂ©gion. Ces derniers mettent en garde contre une « convergence entre les efforts israĂ©liens, occidentaux et libanais pour rĂ©aliser le rĂȘve israĂ©lien.

Al Akhbar (21 août 2012)
Hassan Olleik
Pour la premiĂšre fois depuis 2008, le prĂ©sident Michel Sleiman n’a pas contactĂ© son homologue syrien Bachar al-Assad pour lui prĂ©senter les vƓux Ă  l’occasion de l’AĂŻd el-Fitr. La derniĂšre prise de contact entre les deux hommes remonte au lendemain de l’attentat Ă  l’explosif contre le bĂątiment de la sĂ©curitĂ© nationale Ă  Damas.
Plusieurs ambassadeurs ont reprochĂ© au prĂ©sident Sleiman cet appel tĂ©lĂ©phonique, en tĂȘte desquels celle des États-Unis Maura Connelly. D’ailleurs, depuis l’arrestation de l’ancien ministre Michel Samaha, Connelly a fait savoir, plus ou moins sans dĂ©tour, Ă  ses interlocuteurs libanais, qu’il Ă©tait temps de hausser le ton contre le rĂ©gime syrien et mĂȘme d’expulser l’ambassadeur Ali Abdel Karim Ali de Beyrouth. Les ambassades de Grande-Bretagne et de France ont joint leur voix Ă  la sienne, ainsi que plusieurs responsables arabes. Le prĂ©sident Sleiman s’est retrouvĂ© dans l’embarras. Il n’a pas regrettĂ© son coup de fil Ă  Bachar al-Assad, mais l’offensive qu’il a essuyĂ©e Ă©tait particuliĂšrement virulente. Une dĂ©lĂ©gation mĂ©diatique qu’il a reçue la semaine derniĂšre lui a demandĂ© s’il a appelĂ© Assad dans l’affaire Samaha, et il a rĂ©pondu qu’il attendait que le prĂ©sident syrien le contacte pour des Ă©claircissements au sujet de cette affaire. L’information a Ă©tĂ© divulguĂ©e. Le chef de l’État, prisonnier de sa prise de position —selon des responsables du 8-Mars—, a dĂ» la rĂ©itĂ©rer Ă  maintes reprises. La rĂ©ponse syrienne n’a pas tardĂ© : annonce de la parution imminente de commissions rogatoires syriennes Ă  l’encontre d’hommes politiques libanais, accusĂ©s de soutenir le terrorisme en Syrie. C’est comme si
Damas disait Ă  Sleiman : « C’est vous qui avez commencĂ© ».
L’attitude du prĂ©sident Sleiman surprend le 8-Mars. Ce camp estime en effet qu’une ligne rouge a Ă©tĂ© franchie, et que le prĂ©sident syrien a Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment visĂ© pour que toute relation avec lui soit rompue, « car le prĂ©sident Sleiman aurait pu se contenter de sa prise de position en recevant le gĂ©nĂ©ral Achraf Rifi et Wissam al-Hassan ». Des responsables de la majoritĂ© ministĂ©rielle tiennent d’ailleurs ce discours : s’il veut se conformer aux rĂšgles qu’il a lui-mĂȘme dĂ©finies, il devra passer des dizaines de coups de fil au prĂ©sident syrien, pour des Ă©claircissements et des mises au point, maintenant que le Liban est devenu une place forte de l’opposition syrienne armĂ©e. Sleiman a-t-il d’ailleurs contactĂ©
Assad dans l’affaire du navire Lutfallah-2 ? se demandent-ils. Les propos de Sleiman sont la preuve d’une escalade sans prĂ©cĂ©dent dans les relations entre les deux chefs d’État. Quant aux forces du 14-Mars, elles ont jubilĂ© en Ă©coutant les propos de Sleiman : elles n’osaient mĂȘme pas rĂȘver de le voir se tenir Ă  leurs cĂŽtĂ©s face au rĂ©gime syrien.

L’Orient-Le Jour (23 aoĂ»t 2012)
Elie Masbounji, correspondant en France
ChargĂ© par le gouvernement d’une mission en France pour s’informer des systĂšmes de communication des datas informatiques privĂ©es aux autoritĂ©s officielles, le prĂ©sident du Conseil d’État, Chucri Sader, accompagnĂ© d’une dĂ©lĂ©gation de reprĂ©sentants de divers services de sĂ©curitĂ© et du ministĂšre des TĂ©lĂ©communications, a rencontrĂ© des organismes français compĂ©tents pour un Ă©change d’informations sur un sujet devenu depuis quelque temps une pomme de discorde entre les deux principales fractions politiques libanaises.
Six rĂ©unions qui ont permis au prĂ©sident Sader et aux membres de la dĂ©lĂ©gation de s’enquĂ©rir des fonctionnements en matiĂšre de surveillance, de traçage et de remise aux autoritĂ©s policiĂšres ou judiciaires d’informations vitales.
La mission libanaise a rencontrĂ© successivement des responsables de la DCRI (ancienne DST) dont l’activitĂ© est axĂ©e, comme on le sait, sur la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, de la police judiciaire qui surveille surtout les liaisons et communications en relation avec des actes criminels tels que la pĂ©dophilie et les trafics divers, des cinq principaux opĂ©rateur de tĂ©lĂ©coms (il y en a plus de 1400 en France), la CNIL (Commission nationale informatique et libertĂ©s) qui est en quelque sorte l’ange gardien en matiĂšre d’atteintes aux libertĂ©s individuelles, des magistrats (dont des juges antiterroristes) qui demandent des autorisations d’obtention de donnĂ©es et d’informations diverses et la Commission nationale des interceptions de sĂ©curitĂ© qui pourrait ĂȘtre l’équivalente de l’organisme libanais crĂ©Ă© en 1999 en vertu de la loi 140 (sous le gouvernement Rafic Hariri) pour mettre fin aux abus en matiĂšre d’écoutes tĂ©lĂ©phoniques illĂ©gales Ă  l’époque.
InterrogĂ© par L’Orient-Le Jour sur la teneur du rapport qu’il doit remettre aux dirigeants libanais, M. Sader a rĂ©pondu que le document appartient d’ores et dĂ©jĂ  aux plus hautes instances libanaises et qu’il ne pouvait rien rĂ©vĂ©ler sur le contenu.
Mais nous avons appris de source française bien informĂ©e que le rapport comprendra non seulement un compte rendu factuel, mais aussi deux Ă©lĂ©ments principaux. À savoir un document comparatif des modus operandi en France et au Liban dans tous les domaines discutĂ©s lors des six rĂ©unions avec de strictes directives europĂ©ennes suivies dans les pays de l’UE et des recommandations du prĂ©sident Sader allant dans le sens d’une responsabilisation des opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©communications qui devraient eux-mĂȘmes signaler toute anomalie constatĂ©e au niveau des usagers comme cela se passe dans le secteur bancaire, par exemple.
Pierre Khalaf

Source
New Orient News (Liban)
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MessagePosté le: 06 Oct 2012 10:18    Sujet du message: Répondre en citant

La tendance en Syrie

Les misùres d’Erdogan


Par Ghaleb Kandil

La presse turque foisonne, ces derniĂšres semaines, d’articles, de rapports et d’enquĂȘtes qui constituent autant d’indices sur le coĂ»t politique, Ă©conomique et sĂ©curitaire exorbitant que supporte le pays Ă  cause de l’ingĂ©rence du gouvernement de Recep Tayyeb Erdogan en Syrie.
Sur le plan Ă©conomique, les exportations turques via la Syrie sont tombĂ©es de 1,4 milliards de dollars, avant mars 2011, Ă  300 millions de dollars aujourd’hui. Des milliers d’usines et d’entreprises crĂ©Ă©es dans les zones franches Ă  la frontiĂšre entre les deux pays ont fermĂ© leurs portes. Le parc de poids-lourds utilisĂ© pour le transit via la Syrie est paralysĂ© par l’inactivitĂ©. Le transport des marchandises vers les pays arabes par voies maritimes et aĂ©riennes coĂ»te beaucoup plus cher, privant ainsi les produits turcs d’un atout essentiel dans la compĂ©titivitĂ©.
Ces pertes affectent de larges pans de la sociĂ©tĂ© turque qui n’ont pas Ă©tĂ© convenablement indemnisĂ©s et qui n’ont pas trouvĂ© de nouveaux dĂ©bouchĂ©s. Les acteurs Ă©conomiques et financiers turcs craignent une intervention militaire de leur pays en Syrie, qui aura certainement des rĂ©percussions nĂ©gatives sur le secteur touristique. Car dans une guerre entre les armĂ©es turque et syrienne, des missiles de longue portĂ© et l’aviation seront sans doute utilisĂ©s.

En outre, Erdogan et son ministre des Affaires Ă©trangĂšres, Ahmet Davutoglu, ont dĂ©veloppĂ© un discours ouvertement sectaire pour exacerber les tensions Ă  l’intĂ©rieur de la Syrie, attisant les divisions dans leur propre pays. Si, en Syrie, les dĂ©gĂąts provoquĂ©s par ce discours ont pu ĂȘtre limitĂ©s, empĂȘchant une fracture irrĂ©mĂ©diable grĂące Ă  la fibre patriotique et nationale transcommunautaire, en Turquie, il en est autrement. Des milieux politiques, y compris au sein du Parti de la Justice et du DĂ©veloppement d’Erdogan, mettent en garde contre le danger de l’exacerbation des tensions communautaires dans un pays oĂč les alaouites et les alĂ©vis constituent prĂšs de 20 % de la population.
Face Ă  ces rĂ©alitĂ©s, le mouvement populaire contre la politique syrienne d’Erdogan commence Ă  prendre de l’ampleur. Il s’exprime Ă  travers la multiplication des manifestations, la publication de communiquĂ©s et la signature de pĂ©titions, autant d’outils de pressions contre le gouvernement Erdogan. Cette situation a poussĂ© les autoritĂ©s turques Ă  dĂ©placer les camps de rĂ©fugiĂ©s de la rĂ©gion d’Alexandrette, oĂč les photos du prĂ©sident Bachar al-Assad sont brandies par la population, qui est d’origine syrienne, lors des manifestations. C’est pour les mĂȘmes raisons qu’Ankara a demandĂ© au commandement de ladite ArmĂ©e syrienne libre de quitter le territoire turc. Bien que les chefs des FrĂšres musulmans et du Conseil national syrien soient toujours Ă  Istanbul, leurs milieux se plaignent de « la froideur » qu’ils rencontrent depuis un certain temps lors de leurs contacts avec les responsables turcs. Ces opposants syriens se sont plaints de leurs malheurs devant des journalistes occidentaux.
Le dossier kurde constitue le danger le plus grave auquel est confrontĂ© le gouvernement Erdogan. La frontiĂšre syro-turque s’étire sur 800 kilomĂštres, dont quelque 600 kms ont une forte population kurde deux cotĂ©s de la frontiĂšre. Ce qui signifie que les comitĂ©s populaires armĂ©es kurdes, en Syrie, sont dĂ©sormais prĂ©sents face aux positions de l’armĂ©e turque, tandis que les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) sont trĂšs actifs de l’autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre, oĂč l’armĂ©e turque subie des pertes sans prĂ©cĂ©dent. La reprise des nĂ©gociations entre Ankara et le PKK est de nouveau envisagĂ©e. Dans le mĂȘme temps, toutes les tentatives visant Ă  entrainer les Kurdes de Syrie dans la rĂ©bellion armĂ©e ont Ă©chouĂ©.
On dit en arabe : « Celui qui a prĂ©parĂ© le poison Ă  Ă©tĂ© le premiĂšre Ă  l’avaler ». C’est ce qui est arrivĂ© Ă  Erdogan, qui se trouve empĂȘtrĂ© dans ses problĂšmes domestiques insolubles, pour avoir complotĂ© contre la Syrie.




DĂ©clarations et prises de positions

Najib Mikati, Premier ministre du Liban
« Lors de mes entretiens Ă  New York, j’ai essayĂ© d’expliquer la position du Liban par rapport Ă  ce qui se passe dans la rĂ©gion. Notre position est trĂšs claire. Le Liban a des liens sociaux, historiques et gĂ©ographiques avec la Syrie. Pratiquement 100 % de notre frontiĂšre terrestre est avec la Syrie. Toutes nos exportations avec le monde arabe transitent par la Syrie. C’est cette position que j’ai expliquĂ©e en cherchant tout le soutien possible pour isoler vraiment le Liban de ce qui se passe lĂ -bas. Car mon objectif majeur aujourd’hui est de protĂ©ger mon pays et les Libanais de toutes les consĂ©quences de la crise syrienne, surtout que nous ne savons pas encore quand et comment cette situation prendra fin. Allons-nous avoir la paix en Syrie ? J’ai Ă©tĂ© impressionnĂ© par la comprĂ©hension des problĂšmes libanais par François Hollande, par son engagement pour le Liban, par sa volontĂ© de protĂ©ger notre pays du conflit syrien et par sa dĂ©termination inĂ©branlable Ă  ce que l’unitĂ© libanaise soit prĂ©servĂ©e. Je crois que c’est trĂšs important. Comme avec Mme Clinton, j’ai eu aussi des entretiens avec Mme Ashton sur les moyens de renforcer la capacitĂ© de notre armĂ©e en Ă©quipements, en armes et en formation. Le Conseil des ministres a approuvĂ© un plan directeur d’une loi-programme accordant Ă  l’armĂ©e libanaise la somme de 1,6 milliard de dollars, Ă©chelonnĂ©e sur cinq ans. Bien que modeste, ce montant permettra de garder le minimum requis. Et comme tous nos amis le savent bien, la capacitĂ© de la trĂ©sorerie libanaise est limitĂ©e. Nous prĂ©voyons de consulter tous les “Amis du Liban” pour nous aider Ă  lancer une confĂ©rence de donateurs afin de venir en aide Ă  l’armĂ©e libanaise. J’ai l’intention de mettre sur pied un bon plan d’action et un systĂšme bien organisĂ© au sein d’un programme quinquennal clair pour lui fournir l’équipement nĂ©cessaire. L’armĂ©e libanaise n’est pas comme n’importe quelle autre armĂ©e. Nous savons tous que nous avons un devoir Ă  rĂ©aliser pour la stabilitĂ© du pays. La rĂ©solution 1701 mentionne qu’elle doit assumer progressivement le contrĂŽle de la sĂ©curitĂ© dans la zone d’opĂ©rations de la Finul et dans les eaux territoriales libanaises. Comment pouvons-nous le faire avec si peu de moyens ? Nous souhaitons renforcer ses capacitĂ©s avec l’appui de tous les pays membres de la Finul qui contribuent aussi Ă  la fourniture de son Ă©quipement. »

Vladimir Poutine, président russe
« Nos partenaires occidentaux n’arrivent pas Ă  s’arrĂȘter. AprĂšs avoir semĂ© le chaos dans de nombreuses rĂ©gions, ils poursuivent la mĂȘme politique dans d’autres pays, notamment en Syrie. Notre position consiste Ă  encourager les changements pour le mieux dans tous les pays. Il ne s’agit pas d’imposer —surtout par la force— ce que nous croyons juste, mais de stimuler le dĂ©veloppement de l’intĂ©rieur. Nous avons prĂ©venu qu’il fallait agir avec circonspection, sans rien imposer par la force pour ne pas provoquer le chaos. Et qu’est-ce que nous voyons aujourd’hui ? Nous voyons une situation proche du chaos. »

Jean Kahwaji, commandant en chef de l’ArmĂ©e libanaise
« L’armĂ©e, qui a rĂ©ussi Ă  briser le terrorisme Ă  Nahr el-Bared et a pu mettre en application la rĂ©solution 1701 du Conseil de sĂ©curitĂ© au Liban-Sud, en coopĂ©ration avec la Finul, s’efforce avec le peu de moyens dont elle dispose de maintenir la sĂ©curitĂ© Ă  la frontiĂšre ainsi qu’à l’intĂ©rieur du pays. Elle a pu contenir les affrontements de Tripoli, contrĂŽler la frontiĂšre avec la Syrie et mettre fin au trafic d’armes. Le Liban est toujours confrontĂ© aux convoitises israĂ©liennes, aux retombĂ©es des Ă©vĂ©nements en Syrie, aux manigances des organisations terroristes. Le rĂŽle de l’armĂ©e est de prĂ©server la dĂ©mocratie et la libertĂ© au Liban. Je vous promets qu’il n’est pas question d’opĂ©rer un retour en arriĂšre. »

Leon Panetta, secrétaire US à la Défense
« Intervenir en Syrie serait une grave erreur. Les États-Unis coopĂšrent avec la communautĂ© internationale en vue d’aider les forces d’opposition et d’apporter l’aide humanitaire Ă  toute personne touchĂ©e par la violence. Nous suivons Ă©galement de prĂšs la situation autour des dĂ©pĂŽts d’armes chimiques et biologiques dans ce pays. Il est toujours possible de rĂ©gler le conflit syrien par des moyens diplomatiques, et notamment par un renforcement des pressions exercĂ©es sur le prĂ©sident Bachar el-Assad. Dans le mĂȘme temps, les États-Unis s’engagent Ă  soutenir l’approche qui sera adoptĂ©e Ă  cet Ă©gard par la communautĂ© internationale. Si la communautĂ© internationale dĂ©cide qu’une opĂ©ration militaire est nĂ©cessaire, nous y prendrons part. »

Recep Tayyeb Erdogan, Premier ministre de Turquie
« La Russie est la principale source de dĂ©ception. Au lieu de condamner la Syrie, elle soutient les massacres. La Chine partage la mĂȘme position. Bien que Hu Jintao m’ait assurĂ© que PĂ©kin n’opposerait pas un troisiĂšme veto Ă  la rĂ©solution de l’Onu, il l’a fait. Quant Ă  l’Iran, sa position est incomprĂ©hensible. »

Ali Abdel Karim Ali, ambassadeur de Syrie au Liban
« Nous nous fĂ©licitons des appels lancĂ©s par la table de dialogue et le gouvernement Ă  l’ArmĂ©e libanaise de sĂ©curiser la frontiĂšre libano-syrienne et de poursuivre ceux qui veulent porter atteinte Ă  la sĂ©curitĂ© du Liban. Il est dans l’intĂ©rĂȘt du Liban, de sa stabilitĂ© et de ses relations avec la Syrie de ne pas permettre la contrebande d’armes parce que des parties Ă©trangĂšres veulent porter atteinte Ă  la sĂ©curitĂ© syrienne et veulent que le sang syrien soit versĂ©. »
ÉvĂ©nements

‱ Le reprĂ©sentant adjoint iranien Ă  l’Onu, Eshagh Al Habib, a lu Ă  la tribune de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©ral des Nations unies une dĂ©claration affirmant que l’Iran « ripostera avec toute la force nĂ©cessaire » Ă  une attaque. « La RĂ©publique islamique d’Iran est assez forte pour se dĂ©fendre et se rĂ©serve le droit de riposter avec toute la force nĂ©cessaire Ă  toute attaque », a-t-il dit en rĂ©ponse au discours du Premier ministre israĂ©lien Benjamin Netanyahu. Ce discours, qui n’était pas attendu, a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© comme une « rĂ©ponse aux allĂ©gations du Premier ministre israĂ©lien » jeudi devant l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’Onu.

‱ Un homme a Ă©tĂ© tuĂ© et un autre blessĂ© dans la nuit de mardi Ă  mercredi par les tirs d’élĂ©ments de l’ArmĂ©e syrienne libre (ASL, rebelles) dans le village libanais d’al-Tufayl, prĂšs de la frontiĂšre avec la Syrie. Abdallah Hassan Mrad a Ă©tĂ© tuĂ© sur le coup alors que Mamdouh Hassan Mrad a Ă©tĂ© blessĂ©, lorsque des miliciens de l’ASL ont ouvert le feu dans leur direction, peu aprĂšs minuit mercredi. Ce n’est pas la premiĂšre attaque du genre de la part de l’ASL. L’ArmĂ©e libanaise avait annoncĂ© samedi dernier qu’un « grand nombre » de rebelles syriens avaient attaquĂ© dans la nuit l’un de ses postes Ă  Ersal, prĂšs de la frontiĂšre avec la Syrie, sans faire de victime.
Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 28 septembre 2012)
New York, Joe Makaron
Lors de leur rencontre en marge de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies Ă  New York, la secrĂ©taire d’État, Hillary Clinton, a transmis un message au Premier ministre libanais Najib Mikati, confirmant que les États-Unis s’opposaient Ă  ce que n’importe quelle partie profite du conflit syrien pour mettre en pĂ©ril la stabilitĂ© du Liban et de la rĂ©gion. Les responsables Ă©tats-uniens avaient dĂ©clarĂ© qu’ils prĂ©fĂ©raient traiter avec Mikati Ă  titre personnel et non avec son gouvernement au sein duquel le Hezbollah est influent. Cette dynamique rappelle l’expĂ©rience US avec l’ancien Premier ministre, Saad Hariri, Ă  la diffĂ©rence que ce dernier avait accĂ©dĂ© Ă  son poste grĂące au soutien Ă©tats-unien, contrairement Ă  Mikati, qui ne bĂ©nĂ©ficiait que d’un crĂ©dit US limitĂ©. En outre, les responsables Ă©tats-uniens avaient insistĂ© sur le fait que Mikati avait des engagements Ă  tenir. Ce dernier Ă  Ă©tĂ© Ă  la hauteur des attentes en maintenant la structure sĂ©curitaire et juridique, en finançant le tribunal international, etc. Le dĂ©bat s’est Ă©galement axĂ© autour d’une coopĂ©ration visant Ă  imposer des sanctions aux rĂ©gimes syrien et iranien et Ă  ne soutenir le rĂ©gime d’Assad d’aucune maniĂšre. Mikati a Ă©galement fait part Ă  Clinton de ses apprĂ©hensions au sujet des frontiĂšres Nord du Liban, notamment le flux d’extrĂ©mistes passant de la Syrie vers le Liban et l’incapacitĂ© du pays Ă  supporter les consĂ©quences d’un tel exode. Il s’agit-lĂ  d’apprĂ©hensions communes au Liban et aux États-Unis. D’ailleurs, un responsable US a expliquĂ© que le conflit civil en Syrie et le contrĂŽle intermittent des frontiĂšres faciliteront sĂ»rement le passage de jihadistes Ă©trangers Ă  l’intĂ©rieur du Liban.
Par ailleurs, des sources occidentales ont affirmĂ© que la rencontre entre Mikati et Ban Ki-moon s’est axĂ©e sur la nĂ©cessitĂ© de maintenir la paix et la sĂ©curitĂ© au Liban et dans la rĂ©gion d’une part, et de fournir au Liban une aide internationale afin qu’il puisse gĂ©rer le flux de dĂ©placĂ©s syriens d’autre part. La question des frontiĂšres maritimes avec IsraĂ«l n’a pas Ă©tĂ© abordĂ©e.
Au cours de leur rencontre, Clinton a rassurĂ© Mikati en lui affirmant que les États-Unis n’accepteront pas que le Liban soit un passage obligĂ© du conflit syrien. Clinton lui a Ă©galement fait part d’échos positifs amĂ©ricains quant Ă  sa façon de gouverner.
Finalement, il est Ă  noter que l’ambassade des États-Unis a Ă©tabli des contacts avec le dĂ©putĂ© Michel Aoun afin de l’exhorter Ă  s’éloigner personnellement et politiquement des Ă©vĂ©nements de la Syrie. Dans le mĂȘme objectif, l’ambassade exerce des pressions morales sur le Hezbollah et lui impose des sanctions stipulĂ©es par le TrĂ©sor US.

As Safir (26 septembre 2012)
Une rencontre tendue a eu lieu derniĂšrement entre le prĂ©sident de la Chambre, Nabih Berry, et le reprĂ©sentant spĂ©cial du SGNU, Derek Plumbly. Les questions posĂ©es par ce dernier, relatives Ă  la situation qui prĂ©vaut au Liban Sud, ont gĂȘnĂ© son interlocuteur. L’entretien a portĂ© Ă©galement sur les frontiĂšres maritimes libanaises ainsi que sur les droits pĂ©troliers du Liban. Le chef de l’AssemblĂ©e a proposĂ© Ă  ce que le Liban et l’entitĂ© israĂ©lienne s’abstiennent d’entreprendre des opĂ©rations de forage dans la zone qui fait l’objet d’un contentieux, en attendant la rĂ©solution du conflit en cours, considĂ©rant qu’il incombe aux Nations Unies de contribuer Ă  la dĂ©limitation des frontiĂšres maritimes conformĂ©ment Ă  la rĂ©solution 1701.
Cependant, le responsable onusien ne s’est pas rĂ©agi favorablement Ă  la proposition de Berry, chose qui a portĂ© ce dernier Ă  affirmer fermement, un verre d’eau en main : « Sachez que nous ne cĂšderons pas mĂȘme ce qui Ă©quivaut Ă  un verre d’eau de nos frontiĂšres maritimes et de nos droits pĂ©troliers ».
Berry a affirmĂ© Ă  que les donnĂ©es dĂ©voilĂ©es derniĂšrement par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gibran Bassil, confirment la justesse de ce que je m’égosillais Ă  dire depuis des annĂ©es sur la prĂ©sence de quantitĂ© considĂ©rable de pĂ©trole sous les eaux territoriales libanaises. Et d’ajouter que les Ă©lĂ©ments scientifiques obtenus grĂące Ă  l’inspection 3D de la partie sud de la Zone Ă©conomique exclusive (ZEE) constituent un dĂ©veloppement important et significatif dans le pĂ©riple du Liban vers la prospection pĂ©troliĂšre.
Le chef du Parlement a par ailleurs considĂ©rĂ© qu’il incombe au gouvernement de former le comitĂ© chargĂ© de la gestion du secteur pĂ©trolier, afin qu’il puisse prendre les mesures nĂ©cessaires aux sous-traitances des forages pĂ©troliers. Il a clarifiĂ© Ă  cet Ă©gard que le tandem chiite Hezbollah-Amal a proposĂ© le nom du candidat chiite qui devrait siĂ©ger au sein du comitĂ©.
La communautĂ© internationale suit avec inquiĂ©tude l’évolution dramatique de la situation en Syrie et s’inquiĂšte en mĂȘme temps des retombĂ©es de la guerre dans ce pays sur le Liban. Ces apprĂ©hensions se sont manifestĂ©es dans les avertissements rĂ©pĂ©tĂ©s adressĂ©s par nombre de capitales arabes et occidentales aux officiels ainsi qu’aux chefs de partis libanais, ainsi que dans l’appui exprimĂ© par certaines d’entre elles Ă  la politique de dissociation suivie par le Liban vis-Ă -vis du dossier syrien.

As Safir (26 septembre 2012)
Daoud Rammal
La stratĂ©gie de dĂ©fense nationale proposĂ©e par le prĂ©sident de la RĂ©publique Michel Sleiman a extrait le dialogue de l’état de surplace qui le caractĂ©risait et lui a insufflĂ© une nouvelle vie. Mais le plus important reste que le document du chef de l’État est le fruit d’une synthĂšse d’idĂ©es Ă©tudiĂ©es avec prĂ©cision, et pesĂ©es dans la balance de la Constitution et du pacte national. À chaque idĂ©e, le prĂ©sident a mis son contraire, afin qu’il soit prĂȘt Ă  rĂ©pondre Ă  toute question lors du dĂ©bat prĂ©vu Ă  la prochaine sĂ©ance du dialogue, dans le souci de ne pas revenir Ă  la case dĂ©part, selon une source informĂ©e.
La mĂȘme source ajoute que les protagonistes peuvent hausser autant qu’ils le veulent le plafond de leurs positions, il n’en reste pas moins que « ce que nous avons entendu des dirigeants de l’Iran, d’Arabie saoudite, de l’Union europĂ©enne, des États-Unis et du Conseil de sĂ©curitĂ©, est que la stabilitĂ© du Liban est une prioritĂ© ». « Aussi, le prĂ©sident Sleiman possĂšde une large marge de manƓuvre et s’active dans un climat encourageant qui montre que personne ne souhaite torpiller le dialogue national », poursuit la mĂȘme source.
Une source neutre indique que la stratĂ©gie de dĂ©fense nationale du prĂ©sident Sleiman fait le lien entre les constances nationales et les engagements du Liban Ă  l’égard de la lĂ©galitĂ© internationale ; elle dĂ©finit les dangers qui menacent le Liban, Ă  savoir IsraĂ«l et le terrorisme ; elle Ă©tablit une comparaison entre l’armistice et l’alinĂ©a 3 du document d’entente nationale, qui stipule que toute occupation doit ĂȘtre combattue par une rĂ©sistance, et met l’accent sur l’importance d’une force de dissuasion pour exploiter et protĂ©ger les droits maritimes et pĂ©troliers du Liban. L’ArmĂ©e libanaise, c’est-Ă -dire la lĂ©galitĂ© libanaise, Ă©tant le pilier de tout ce dispositif.
La source prĂ©citĂ©e souligne qu’à travers son document, le prĂ©sident Sleiman a non seulement assurĂ© la poursuite du dialogue et la possibilitĂ© d’aboutir Ă  des rĂ©sultats concrets, mais il a rĂ©ussi Ă  sortir les participants de la situation de profondes divisions qui caractĂ©risait leurs positions concernant des questions importantes, notamment la RĂ©sistance. Il a facilitĂ© Ă  l’opposition son repositionnement, afin que son approche de la question de la RĂ©sistance ne soit plus conflictuelle mais pratique. Il a enfin sorti les armes de la RĂ©sistance des polĂ©miques stĂ©riles pour les replacer dans un cadre national prenant en considĂ©rations la nĂ©cessitĂ© de faire face aux dangers israĂ©liens.

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars)
Sarkis Naoum (28 septembre 2012)
Les États-Unis continueront-ils Ă  soutenir et Ă  se montrer comprĂ©hensifs vis-Ă -vis du Premier ministre Najib Mikati et de sa politique ? Une source diplomatique occidentale informĂ©e estime que la rĂ©ponse Ă  cette question dĂ©pendra de la position du chef du gouvernement Ă  l’égard des accusations officielles ou quasi officielles qui seront bientĂŽt lancĂ©es contre le Hezbollah, pointant sa responsabilitĂ© dans l’attentat contre l’autobus Ă  bord duquel se trouvaient des touristes israĂ©liens en Bulgarie. Washington s’attendra Ă  une position claire de la part du Premier ministre, loin des dĂ©tours et des atermoiements. S’il n’est pas possible Ă  Mikati de demander au Hezbollah de se plier aux exigences des États-Unis et de la communautĂ© internationale, la meilleure solution pour lui serait la dĂ©mission de son gouvernement.
Les uns au Liban et Ă  l’extĂ©rieur du pays se demandent pour quelles raisons le Liban doit ĂȘtre puni d’une « opĂ©ration terroriste » qui a eu lieu Ă  l’extĂ©rieur de ses territoires, et pour quelles raisons le Hezbollah doit ĂȘtre accusĂ© de l’avoir exĂ©cutĂ©, mĂȘme si certains de ses Ă©lĂ©ments y sont impliquĂ©s. Cette interrogations Ă©manent de leur conviction que la section de la « sĂ©curitĂ© extĂ©rieure » du Hezbollah dĂ©pend de l’Iran et non pas du parti libanais et de son commandement.

An Nahar (27 septembre 2012)
Khalil Fleihan
Des sources diplomatiques indiquent que les États-Unis, la France, les pays arabes et les Nations unies sont plus prĂ©occupĂ©s par les rĂ©percussions du conflit syrien sur le Liban que sur les autres pays voisins de la Syrie, en raison de sa composition confessionnelle et sectaire, et des relations denses qui lient entre les deux peuples, vu les liens familiaux qui existent entre les deux population, en particulier au Nord et dans la BĂ©kaa. Des rapports diplomatiques provenant de New York soulignent, par ailleurs, que les dirigeants des grandes puissances, Ă  leur tĂȘte le prĂ©sident Ă©tats-unien Barak Obama, ont reconnu durant les rencontres tenues en marge des travaux de l’AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale des Nations unies que la situation en Syrie est floue et compliquĂ©e, et que rien n’indique que les combats prendront bientĂŽt fin.

An Nahar (27 septembre 2012)
Rosanna Bou Mouncef
Les prises de positions exprimĂ©es Ă  la tribune de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’Onu ont constituĂ©, pour ceux qui suivent le dossier syrien, une preuve flagrante de l’impasse Ă  laquelle est confrontĂ©e la communautĂ© internationale au sujet des Ă©vĂ©nements en Syrie. Aucun indice n’est apparu sur des tractations politiques qui se dĂ©rouleraient ouvertement ou en coulisse en vue de trouver une solution Ă  la crise syrienne. Cette conclusion s’est manifestĂ©e non seulement dans l’évaluation de l’émissaire de l’Onu, Lakhdar Brahimi, qui a affirmĂ© qu’il ne disposait pas de plan pour la Syrie, mais aussi dans les discours prononcĂ©s par les diffĂ©rents dirigeants influents sur la scĂšne mondiale.
Des experts affirment que la pĂ©riode d’attente est liĂ©e Ă  la fin de l’élection prĂ©sidentielle en Syrie, pour savoir si Barack Obama sera Ă©lu pour un deuxiĂšme mandat, ce qui lui accorderait une plus grande marge de manƓuvre dans le dossier syrien. D’autant que les grandes puissances attendent les rĂ©sultats de l’élection pour prendre les dĂ©cisions adĂ©quates, car elles hĂ©sitent Ă  conclure un accord avec un prĂ©sident qui serait en partance, prĂ©fĂ©rant nĂ©gocier avec un nouveau prĂ©sident.
Mais ces experts craignent que l’élection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine ne soit qu’une Ă©chĂ©ance illusoire qui s’ajouterait Ă  tous les autres rendez-vous considĂ©rĂ©s comme Ă©tant dĂ©cisifs pour le rĂšglement de la crise syrienne. En rĂ©alitĂ©, la fin de cette consultation aux Etats-Unis n’apporterait rien de nouveau dans une crise complexe qui est appelĂ©e Ă  se prolonger et qui nĂ©cessite beaucoup d’efforts.

An Nahar (26 septembre 2012)
Radwan Akil
En fĂ©vrier dernier, la communautĂ© juive a lancĂ© le « Parlement juif europĂ©en » et a choisi Bruxelles comme siĂšge pour cette institution, non loin du Parlement europĂ©en. Ce Parlement juif compte 120 membres, comme la Knesset israĂ©lienne. Ses membres, Ă©lus par prĂšs de 400 000 personnes, reprĂ©sentent 47 pays, de l’Ouest, du Centre et de l’Est de l’Europe.
Cette nouvelles est passĂ©e sans faire beaucoup de bruit et, comme d’habitude, n’a pas suscitĂ© l’intĂ©rĂȘt des ministĂšres des Affaires Ă©trangĂšres des pays arabes et musulmans, plus occupĂ©s ces temps-ci par la crise syrienne. Quant aux Parlement arabes, ils n’ont pas de langues pour parler et pour protester, surtout que la plupart ne sont que l’écho des positions des gouvernements de leurs pays respectifs.
La naissance de ce Parlement juif a provoquĂ© un choc chez le prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale libanaise, Nabih Berry. Il y a quelques jours, il en a parlĂ© aux chefs et aux rapporteurs des Commissions parlementaires, et leur a promis que le Liban prendra une dĂ©cision partant de sa place et de son rĂŽle au sein du groupe des Parlements arabes et du Parlement europĂ©en.
M. Berry a chargĂ© un de ses conseillers de collecter le plus d’informations possibles sur le Parlement juif, avant d’entrer lui-mĂȘme en contact avec des responsables de certains Parlements europĂ©ens. Car il estime que ce nouveau lobby juif vise Ă  isoler les pays arabes et les communautĂ©s arabes et musulmanes au cƓur de l’Europe.
M. Berry a interrogĂ© les ambassadeurs et les responsables europĂ©ens qu’il a rencontrĂ©s ces derniĂšres semaines au sujet du Parlement et du danger qu’il reprĂ©sente pour leurs relations avec le Liban et les pays arabes. Il a demandĂ© Ă  ses interlocuteurs comment l’Europe, qui s’est libĂ©rĂ©e de la reprĂ©sentation religieuse, communautaire et ethnique, et a adoptĂ© le concept de la citoyennetĂ©, a-t-elle pu permettre la naissance de ce lobby juif qui va placer en tĂȘte de ses prioritĂ©s les intĂ©rĂȘts d’IsraĂ«l.
Ce lobby jouit d’un fort soutien de la part de plusieurs pays europĂ©ens, notamment de la RĂ©publique TchĂšque, premier dĂ©fenseur d’IsraĂ«l au sein de l’Union europĂ©enne. M. Nabih Berry a laissĂ© entendre que le Liban pourrait ne plus coopĂ©rer avec le Parlement europĂ©en et ne plus participer aux rĂ©unions communes, s’il sent que le lobby israĂ©lien Ă  la moindre influence sur le lĂ©gislatif europĂ©en.
Jusqu’à prĂ©sent, les EuropĂ©ens n’ont pas expliquĂ© comment une communautĂ© bien dĂ©terminĂ©e a pu former un Parlement sur des bases religieuses, ce qui est en total contradiction avec toutes les Ă©coles de pensĂ©es politiques et les institutions europĂ©ennes.
C’est Shimon PĂšres qui a eu l’idĂ©e de crĂ©er ce Parlement juif europĂ©en.

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 27 septembre 2012)
Nasser Charara
Le Quai d’Orsay a publiĂ©, le 27 juillet, une carte du Liban dĂ©terminant aux ressortissants français rĂ©sidant ou en dĂ©placement dans ce pays les rĂ©gions qui leur sont dĂ©conseillĂ©es. La carte divise le Liban en trois zones : Zone rouge, la plus dangereuse, oĂč les ressortissants français sont formellement dĂ©conseillĂ©s de se rendre. Elle comprend la BĂ©kaa et la banlieue sud de Beyrouth ; la Zone jaune, oĂč les Français peuvent se dĂ©placer avec prudence ; enfin la Zone orange, oĂč il leur est dĂ©conseillĂ© de se rendre sauf pour des raisons de force majeure. Elle comprend la ville de SaĂŻda et ses banlieues, et les camps palestiniens, notamment celui d’AĂŻn el-HelouĂ©.
Cette carte, publiée il y a deux mois, ne reflÚte pas uniquement le niveau actuel du danger dans les régions concernées, selon des évaluations établies par les services de sécurité français. Elle traduit aussi les craintes françaises des répercussions des positions politiques relatives aux différentes questions régionales, lesquelles peuvent varier en fonction de la composition politique, démographique et religieuse de chaque région.
Un dĂ©cryptage de cette carte Ă  travers une grille de lecture politique et sĂ©curitaire permet de tirer les conclusions suivantes : Le ministĂšre français des Affaires Ă©trangĂšres a classĂ© AĂŻn el-HelouĂ© dans la zone orange. Il considĂšre donc que ce camp de rĂ©fugiĂ©s palestiniens est moins dangereux que la banlieue sud de Beyrouth, laquelle est classĂ©e dans la zone rouge, oĂč les ressortissants français sont formellement dĂ©conseillĂ©s de se rendre ; les frontiĂšres de la zone jaune oĂč les ressortissants français sont autorisĂ©s Ă  se rendre et se dĂ©placer, forment le « Petit Liban », auquel s’ajoutent la capitale Beyrouth et la rĂ©gion de SaĂŻda ; la zone rouge couvre, quant Ă  elle, toutes les rĂ©gions frontaliĂšres au Sud, au Nord et Ă  l’Est, lesquelles furent annexĂ©es au Petit Liban lors de la proclamation du Grand-Liban par le gĂ©nĂ©ral Gouraud, en 1920.
Il ressort de ces observations que le guide sĂ©curitaire Ă©mis par les autoritĂ©s françaises semble ĂȘtre plus politique que sĂ©curitaire.

Al Akhbar (27 septembre 2012)
Jean Aziz
Le projet de loi Ă©laborĂ© par le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Conseil des ministres, Souhail Baouji, et le prĂ©sident du Conseil d’État, Choukri Sader, proposant l’amendement de la loi 140/1999 relative Ă  la protection du droit Ă  la confidentialitĂ© des communications tĂ©lĂ©phoniques est un « massacre ».
Le projet se base sur le rapport final soumis par la dĂ©lĂ©gation libanaise qui s’est rendue en France afin d’examiner auprĂšs des experts français les mĂ©canismes relatifs aux interceptions tĂ©lĂ©phoniques adoptĂ©s par la France. Les experts français, Ă©crit l’auteur, ont explicitement assimilĂ© la livraison de la totalitĂ© des donnĂ©es tĂ©lĂ©phoniques aux dispositifs de sĂ©curitĂ© Ă  l’écoute. Ils ont Ă©galement clarifiĂ© que les exceptions sont repĂ©rĂ©es dans des pays sous rĂ©gime dictatorial. Mais cette idĂ©e fut formulĂ©e dans le rapport final par des termes ambigus : « Nous avons senti qu’il existe une possibilitĂ© d’amender l’article 1 de la loi 140/1999, de sorte Ă  exempter les communications tĂ©lĂ©phoniques aux dispositions de ladite loi, vu leur importance pour les dispositifs de sĂ©curitĂ© libanais ».
En se basant sur cette formulation, Bauji et Sader ont prĂ©sentĂ© un nouveau projet de loi visant Ă  bafouer les droits relatifs Ă  la vie privĂ©e des citoyens, dit-il. Ce projet dont l’objectif consiste Ă  mettre Ă  Ă©coute les citoyens constitue une violation des droits de l’homme. D’un point de vue juridique, il vise Ă  abroger et non pas Ă  amender la loi 140. Et d’un point de vue constitutionnel, il constitue une violation flagrante des dispositions de la Constitution libanaise qui stipule le « respect des libertĂ©s publiques » et la « protection de la libertĂ© personnelle ».

Al Hayat (Quotidien libanais financĂ©s par l’Arabie saoudite-28 septembre 2012)
New York, Raghida Dergham
« Il n’y a pas de pasdaran au Liban », a affirmĂ© le Premier ministre libanais, Najib Mikati, qui a prĂ©cisĂ© sur ce sujet : « Toutes les parties nous ont tĂ©moignĂ© que la question posĂ©e Ă  un responsable sĂ©curitaire iranien faisait rĂ©fĂ©rence au passĂ©. Ce dernier parlait des gardiens de la rĂ©volution iraniens en Syrie. Il n’a pas Ă©voquĂ© leur prĂ©sence au Liban ». Mikati a soulignĂ© que le Liban ne peut pas servir de passage aux factions syriennes quelle qu’elles soient, signalant que l’armĂ©e libanaise dispose des plans nĂ©cessaires Ă  la protection des territoires libanais.
Mikati a appelĂ© de ses vƓux un rĂŽle arabe sincĂšre dans l’objectif de faire cesser l’effusion de sang en Syrie et non pas dans l’optique d’une intervention arabe. Il a constatĂ© que le reprĂ©sentant conjoint en Syrie, Lakhdar Brahimi, « n’a pas conçu une idĂ©e unique relative Ă  une solution Ă  la crise syrienne, mais une sĂ©rie d’idĂ©es dont il discute avec les diffĂ©rentes parties ». Le Premier Ministre a Ă©galement Ă©voquĂ© la « DĂ©claration de Baabda », conformĂ©ment Ă  laquelle les diffĂ©rentes formations libanaises s’engagent Ă  ne pas immiscer le Liban dans une question concernant une partie tierce dans la rĂ©gion. « Je suis conscient, a-t-il dit, que le Hezbollah qui s’est engagĂ© Ă  cette dĂ©claration ne permettra pas que le Liban soit immiscĂ© dans une affaire qui ne le concerne pas directement, Ă  moins qu’il s’agisse d’une agression directe contre le pays. De notre part, il n’y aura aucune tentative visant Ă  entraĂźner IsraĂ«l Ă  s’ingĂ©rer dans les affaires libanaises ».

L’Orient-Le Jour (Quotidien francophone proche du 14-Mars)
Scarlett Haddad (27 septembre 2012)
La crise syrienne semble ĂȘtre entrĂ©e dans une nouvelle phase. Si les combats et les explosions se poursuivent sur le terrain, faisant chaque jour de nouvelles victimes, une lueur d’espoir commence Ă  poindre Ă  l’horizon. Elle a d’ailleurs Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e par l’émissaire de l’ONU Lakhdar Brahimi qui a dĂ©clarĂ© aux Nations unies voir une possibilitĂ© lointaine de solution. Selon un spĂ©cialiste du dossier syrien, le tournant dĂ©cisif a Ă©tĂ© marquĂ© par la bataille d’Alep qui s’éternise. Lorsque cette bataille a Ă©tĂ© lancĂ©e, estime ce spĂ©cialiste, l’opposition croyait pouvoir occuper rapidement la ville et ouvrir la voie avec la Turquie (le mohafazat d’Alep fait deux fois le Liban), portant un coup majeur au rĂ©gime et rĂ©duisant de façon significative son autoritĂ©. Or, non seulement le rĂ©gime tient encore le coup, mais de plus, en dĂ©pit de l’afflux d’armes et de jihadistes dans la rĂ©gion, il continue Ă  avancer lentement.
De son cĂŽtĂ©, le rĂ©gime syrien croyait lui aussi pouvoir mater rapidement l’opposition Ă  Alep, se basant sur le fait qu’il bĂ©nĂ©ficie de l’appui d’une partie non nĂ©gligeable de la population de cette agglomĂ©ration. Pour accĂ©lĂ©rer l’issue de la bataille, il a utilisĂ© son aviation militaire, Ă  laquelle l’opposition a rĂ©pondu en utilisant ses nouvelles armes de dĂ©fense antiaĂ©rienne. C’est dire que les deux parties ont abouti Ă  une sorte de statu quo qui fait qu’aucune d’elles ne peut vaincre l’autre. Elles sont ainsi entrĂ©es dans une guerre d’usure sanglante qui ne mĂšnera qu’à l’affaiblissement considĂ©rable des deux camps en attendant que leurs « parrains » dĂ©cident enfin d’arrĂȘter la partie et de parvenir Ă  un accord.
Le spĂ©cialiste du dossier syrien prĂ©cise que la situation actuelle ressemble beaucoup Ă  celle qui prĂ©valait au Liban pendant la guerre civile, lorsque, au bout d’un certain temps, aucune partie ne parvenait Ă  enregistrer des percĂ©es, alors que les lignes de dĂ©marcation Ă©taient restĂ©es inchangĂ©es pendant des annĂ©es interdisant Ă  un camp ou Ă  un autre d’avancer ne serait-ce que de quelques mĂštres.
Ce n’est que lorsqu’il y a eu un dĂ©blocage international – dans ce cas prĂ©cis, il s’agissait d’un accord entre les États-Unis et la Syrie –qu’il y a eu au Liban des dĂ©veloppements majeurs sur le terrain qui ont abouti Ă  l’accord de TaĂ«f, lequel avait commencĂ© Ă  se prĂ©parer quelque temps avant son adoption.
Pour l’instant, la solution est encore interdite en Syrie et, sauf imprĂ©vu, aucun camp n’est autorisĂ© Ă  Ă©liminer l’autre. Le spĂ©cialiste du dossier syrien est convaincu qu’au dĂ©but, l’Occident aidĂ© par certains pays arabes voulait rĂ©ellement se dĂ©barrasser du rĂ©gime syrien. Mais le fait que celui-ci a tenu bon, faisant preuve d’une grande capacitĂ© de survie et de cohĂ©sion interne, en dĂ©pit des pressions Ă  la fois politiques, militaires et Ă©conomiques, a modifiĂ© la donne. Le fait aussi qu’il bĂ©nĂ©ficie de l’appui inconditionnel de l’Iran et d’une aide stratĂ©gique de la part de la Russie et de la Chine a plus ou moins stabilisĂ© les rapports de force. MĂȘme s’il voulait faire des concessions – et la tenue des congrĂšs de l’opposition Ă  Damas en prĂ©sence des ambassadeurs d’Iran, de Russie et de Chine, au cours des derniers jours, en est une–, cela n’aboutirait pas Ă  une solution, puisque les parrains des deux camps ne sont pas encore prĂȘts Ă  discuter. Pour le spĂ©cialiste du dossier syrien, il ne faudrait donc rien envisager avant l’élection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine et l’entrĂ©e en fonctions du nouveau prĂ©sident en janvier 2013.
C’est pourquoi, selon lui, Lakhdar Brahimi a Ă©voquĂ© « une possibilitĂ© de solution lointaine ». Autrement dit, mĂȘme si l’échĂ©ance est encore lointaine, on commence Ă  voir le bout du tunnel, qui consisterait dans la tenue d’une rĂ©union Ă©largie regroupant des reprĂ©sentants des États-Unis, de la Turquie, de l’Iran, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, de la Chine, de la France et de la Russie qui superviserait la tenue d’un accord interne syrien dans le genre de l’accord de TaĂ«f au Liban. La nouvelle phase consiste donc dans le fait que l’on commence Ă  prĂ©parer une rĂ©union de ce genre. L’initiative de l’Égypte de former une commission quadripartite regroupant des reprĂ©sentants Ă©gyptiens, saoudiens, turcs et iraniens s’inscrit dans ce cadre. Et si l’Arabie saoudite n’a pas participĂ© Ă  la premiĂšre rĂ©union de cette commission, elle n’en est pas moins informĂ©e de ses travaux. La rĂ©union qui s’est tenue en marge du sommet de La Mecque entre le roi Abdallah d’Arabie et le prĂ©sident iranien Ahmadinajad a d’ailleurs abouti Ă  un dĂ©blocage des relations entre les deux pays. Les deux dirigeants se sont ainsi entendus pour d’abord faire baisser la tension entre les sunnites et les chiites dans la rĂ©gion, ensuite pour appuyer la mission de l’émissaire de l’ONU Lakhdar Brahimi ainsi que pour laisser faire la commission voulue par l’Égypte.
Le chemin est encore long, et si les explosions d’hier sont interprĂ©tĂ©es comme montrant la capacitĂ© de l’opposition syrienne Ă  frapper au cƓur de la capitale un siĂšge militaire, elles n’en restent pas moins une date sanglante parmi d’autres. Sur le terrain, chaque camp tente d’amĂ©liorer ses positions, mais la clĂ© de la solution est ailleurs. Les Syriens pourraient ĂȘtre en train de rater leur rendez-vous avec le changement et pour l’instant, ils sont, comme l’ont longtemps Ă©tĂ© les Libanais, des victimes sacrifiĂ©es sur l’autel des intĂ©rĂȘts rĂ©gionaux et internationaux.

L’Orient-Le Jour (26 septembre 2012)
Khalil Fleihan
La communautĂ© internationale suit avec inquiĂ©tude l’évolution dramatique de la situation en Syrie et s’inquiĂšte en mĂȘme temps des retombĂ©es de la guerre dans ce pays sur le Liban. Ces apprĂ©hensions se sont manifestĂ©es dans les avertissements rĂ©pĂ©tĂ©s adressĂ©s par nombre de capitales arabes et occidentales aux officiels ainsi qu’aux chefs de partis libanais, ainsi que dans l’appui exprimĂ© par certaines d’entre elles Ă  la politique dite « de distanciation » suivie par l’État libanais vis-Ă -vis du dossier syrien.
Les sĂ©quelles Ă©ventuelles de la guerre en Syrie sur le Liban ont fait rĂ©cemment l’objet de dĂ©bats au sein de « think tanks » ainsi que dans les dĂ©partements des Affaires Ă©trangĂšres de certains gouvernements. Le Conseil europĂ©en des relations Ă©trangĂšres (CERE) a ainsi tenu Ă  Londres un sĂ©minaire au cours duquel il a examinĂ© l’impact des bouleversements en Syrie sur le Liban depuis 1943 jusqu’à aujourd’hui.
Les participants sont arrivĂ©s Ă  la conclusion que le Liban « est exposĂ© Ă  un grave danger du fait de la prolongation des affrontements en Syrie », mais que « les Libanais sont parfaitement conscients des menaces qui pĂšsent sur leur pays ». Pour eux, le Liban « est capable de s’adapter Ă  cette situation, surtout que le Hezbollah, qui bĂ©nĂ©ficie d’une force militaire, est dĂ©terminĂ© Ă  empĂȘcher que le conflit dans le pays ne s’exacerbe ». Le CERE a invitĂ© les États europĂ©ens Ă  « maintenir le dialogue avec le Hezbollah », qui reprĂ©sente, selon les participants, « une clĂ© Ă  l’apaisement et une garantie pour que le Liban ne sombre pas dans le chaos ».
Les participants ont passé en revue les incidents de sécurité à la frontiÚre avec la Syrie. Ils les ont considérés comme une violation de la souveraineté libanaise. Ils ont également établi un lien entre les affrontements sporadiques à Tripoli et ceux qui se déroulent dans plusieurs régions syriennes entre les opposants et les forces du régime.
Les propositions ont Ă©tĂ© les suivantes : intervenir auprĂšs d’IsraĂ«l pour qu’il restitue au Liban les 380 kilomĂštres contestĂ©s de la zone Ă©conomique exclusive maritime, riche en ressources gaziĂšres ; fournir aux forces militaires et de sĂ©curitĂ© les armes et les Ă©quipements nĂ©cessaires pour qu’elles puissent protĂ©ger la frontiĂšre et maintenir la sĂ©curitĂ© Ă  l’intĂ©rieur du pays ; soutenir le dialogue national conduit par le prĂ©sident Michel Sleiman ; rĂ©affirmer l’appui Ă  la mission de la Finul ; soutenir l’économie libanaise qui fait face Ă  d’importants dĂ©fis qui risquent de gĂ©nĂ©rer des remous ; financer des projets de dĂ©veloppement Ă  Tripoli et au Akkar, dans une tentative de rĂ©gler le problĂšme de la pauvretĂ© ; aider les États-Unis Ă  contrĂŽler le blanchiment d’argent ; accroĂźtre le volume des aides accordĂ©es aux rĂ©fugiĂ©s syriens, Ă  travers le HCR, surtout que leur nombre est sans cesse croissant.

FIDES (Agence de presse missionnaire proche du Vatican, 26 septembre 2012)
Une maxi prise d’otage concernant 280 fidĂšles grĂ©co-catholiques a bouleversĂ© la communautĂ© chrĂ©tienne du village de Rableh, situĂ© entre la frontiĂšre libanaise et la ville de Qusayr, dans la province d’Homs. Il s’agit d’ouvriers et de paysans, hommes, jeunes et femmes, qui se trouvaient dans les champs Ă  quelques kilomĂštres du village, afin de procĂ©der Ă  la rĂ©colte des pommes, l’une des principales sources de revenus de la population locale. Le catholique Abou Fadel, pĂšre de l’une des victimes, contactĂ© par Fides, raconte que le 24 septembre, la population du village a entendu des coups de feu et des rafales « aprĂšs quoi, nous nous sommes rendus sur place pour voir ce qui se passait. Nous avons vu de nombreux fourgons et des pick-up qui ont emmenĂ© les personnes. Il ne restait plus dans les champs que les cagettes contenant les pommes rĂ©coltĂ©es ».
Abou Fadel indique que « cette rĂ©gion est depuis des mois complĂštement sous le contrĂŽle de bandes armĂ©es qui y font la loi. Au cours de ces derniĂšres semaines, nous ne pouvions pas prendre soin des arbres dans les champs Ă  cause de l’insĂ©curitĂ©. Puis, grĂące Ă  une nĂ©gociation menĂ©e par le gouverneur d’Homs, la situation semblait s’ĂȘtre amĂ©liorĂ©e ». L’homme poursuit : « Je suis trĂšs prĂ©occupĂ©. Mon fils fait partie des personnes enlevĂ©es et de nombreux jeunes de notre famille ont disparu. Pourquoi ? Que voudront en faire les ravisseurs ? Nous sommes angoissĂ©s pour leur sort. Nous sommes un village tranquille, proche du sanctuaire du prophĂšte Saint Elie, lieu vĂ©nĂ©rĂ© par les chrĂ©tiens et par les musulmans. Nous dĂ©sirons seulement vivre en paix avec tous ».
ContactĂ© par Fides, le Patriarche grĂ©co-catholique de Damas, SB GrĂ©goire III Laham, informĂ© des faits, « implore Dieu afin qu’Il aide les innocents et les pauvres ». Le Patriarche lance un appel : « Je demande Ă  tous les belligĂ©rants de respecter les civils et d’épargner les vies innocentes ». Un certain nombre de responsables chrĂ©tiens locaux cherchent actuellement Ă  contacter ONG et organisations internationales afin de demander de l’aide dans cette situation tragique.
Pierre Khalaf
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MessagePosté le: 13 Oct 2012 15:50    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne connais pas bien le réseau voltaire mais la vidéo de Thierry Meyssan m'inquiÚte puisque l'appui molle des américains et de l'OTAN dans l'escalade avec la Syrie et les recommandations de calme me semblent aller dans le sens des affirmations de Meyssan. En effet celui-ci prétend que les Etats-Unis aprÚs les échecs des attaques internes ne pouvant pas vraiment déstabiliser le pouvoir syrien sacrifient les rebelles et les mercenaires dans des missions impossibles ouvrant ainsi la voie à la victoire au gouvernement syrien.

Sauf que, une fois les occidentaux quittent le terrain, la Turquie reste voisin de la Turquie.

Mon impression que la Turquie a été dupée dans cette affaire devient de plus en plus plausible.






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MessagePosté le: 13 Oct 2012 17:08    Sujet du message: Répondre en citant

Thierry Meysan qui réside à Damas, est quelqu'un de bien informé, apparemment.
Par ailleurs, il n'est pas exclu que les forces d'Asad, par sa voix, fassent de l'intox pour dĂ©mobiliser l'opposition armĂ©e, les mercenaires et les groupes armĂ©s sur place, "sacrifiĂ©s" par les occidentaux. Ces derniers (occidentaux) ne sont pas non plus des enfants de cƓur, et ne mettent pas tous leurs Ɠufs dans le mĂȘme panier. Ils ne misent pas sur le mĂȘme cheval, mais diversifient leurs choix dans des scĂ©narios variĂ©s. Un de ces choix pourrait consister Ă  impliquer davantage la Turquie, comme laissent Ă  prĂ©sager les Ă©vĂ©nements de ces derniers jours: bombardements Ă  la frontiĂšre, de part et d'autre, atterrissage forcĂ© de l'avion syrien.....et dĂ©marches et propositions sur le plan diplomatique... Le risque pour la Turquie: s'enfoncer de plus en plus dans ce panier Ă  crabes.....pour des intĂ©rĂȘts qui ne sont pas les siens.....
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MessagePosté le: 14 Oct 2012 12:41    Sujet du message: Répondre en citant

Raskolnikoff a écrit:

Thierry Meysan qui réside à Damas, est quelqu'un de bien informé, apparemment.
Par ailleurs, il n'est pas exclu que les forces d'Asad, par sa voix, fassent de l'intox pour démobiliser l'opposition armée, les mercenaires et les groupes armés sur place, "sacrifiés" par les occidentaux.
(..)


Je ne savais pas qu'il résidait à Damas, oui dans ce cas la probabilité de l'intox est non négligeable...

Mais je suis inquiet, je fais partie de ces gens qui ont l'intime conviction que la Turquie n'a rien Ă  gagner dans cette affaire syrienne...
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MessagePosté le: 15 Oct 2012 9:24    Sujet du message: Répondre en citant

'TĂŒrkiye ordusunun tecrĂŒbesi tampon bölge yaratmaya yetmez'
Prof. Henri Barkey, Lehigh Üniversitesi Uluslararası Ä°liƟkiler BölĂŒm BaƟkanı. TĂŒrkiye ve KĂŒrt sorunu uzmanı. ABD DÄ±ĆŸiƟleri Bakanlığı’nda Ortadoğu ve TĂŒrkiye analisti olarak çalÄ±ĆŸtı.
RADÄ°KAL
15.10.2012 09:47


Geçen hafta bir toplantı için Ä°stanbul’daydı. Barkey’le Suriye’ye yönelik çıkan tezkereyi, Washington’ın yaptığı hesapları ve tĂŒm bunların KĂŒrt sorununa etkisini konuƟtuk.


Suriye tezkeresinin Esad’a değil de PYD’ye mĂŒdahale etmek için çıkarılmÄ±ĆŸ olma ihtimali var mı?

Olabilir tabii ama tezkere çıkarmanın pratik hiçbir anlamı yoktu. Sınırötesinden size bir mĂŒdahale yapılıyorsa, nefsi mĂŒdafaa kapsamında cevap verebilirdiniz. Tezkere hem PKK ve PYD’ye hem de Suriye’ye gözdağı için çıkarıldı. Havan topu olayının ise yanlÄ±ĆŸ yorumlanmÄ±ĆŸ olabileceğini dĂŒĆŸĂŒnĂŒyorum. Orada bir iç savaƟ var ve Suriye ordusu aĆŸÄ±rı yorgun. Havan topu hiçbir zaman keskin isabet silahı değildir. Yani o havan toplarının yanlÄ±ĆŸlıkla TĂŒrkiye sınırına dĂŒĆŸmesi, özellikle atılmÄ±ĆŸ olmasından çok daha bĂŒyĂŒk ihtimal. Ben Esad’ın mahsus TĂŒrkiye sınırını kÄ±ĆŸkırttığından hiç emin değilim. Zaten ne orduda ne de ĂŒlkesinde tam bir hĂąkimiyeti var.

Sizce TĂŒrkiye, Suriye’yle ilgili nasıl bir politika izler bundan böyle?

TĂŒrkiye istese de Suri-ye’ye tek baĆŸÄ±na giremez.

AK Parti’liler 3 saatte gireriz, Þam’ı da alırız diyor


Evet böyle bir sözĂŒ Generalisimo Egemen BaÄŸÄ±ĆŸâ€™tan duydum ben de. Herhalde kendisi AB’yi bıraktı, Savunma Bakanlığı’na geçti!

TĂŒrkiye niye giremez kısmına dönersek


TĂŒrkiye’nin derdi orada bir nevi uçuƟa kapalı alan (no-fly zone), tampon bölge yaratması. Bunun için de sĂŒrekli Amerika’ya baskı yapıyor Ă§ĂŒnkĂŒ kendisi yapamaz. Biz, yani Amerika niye buna yanaƟmıyoruz, onu anlatayım. Suriye’nin uçaksavar sistemi muazzam sofistike. Amerika’nın bile o sistemi sindirmesi için yĂŒzlerce uçak kaldırması lazım. Ä°srail’e karĆŸÄ± geliƟtirildiği için Suriye’nin uçaksavar sistemi gerçekten tahmin ettiğinizin çok ĂŒstĂŒndedir. Bana Washington’dan ĆŸĂ¶yle söylendi: “Evet Suriye’de bir no-fly zone yaratabiliriz ama bazı uçaklarımızı kesinlikle dĂŒĆŸĂŒrĂŒrler.” Bu iƟleri kimse oyun sanmasın. Bir haftadır TĂŒrkiye’deyim, çok tuhaf bir Ɵeyle karĆŸÄ±laƟtım.

Nedir?

Televizyona binlerce uzman çıkıyor, Suriye meselesini tartÄ±ĆŸÄ±yor fakat bu anlattığım noktaları kimse dile getirmiyor. Ă‡ĂŒnkĂŒ bilmiyorlar. 1983-84’te Hizbullah Amerikan Deniz Piyadeleri’nin ĂŒssĂŒne saldırmÄ±ĆŸ, 280 deniz piyadesi ölmĂŒĆŸtĂŒ. ABD misillemeye karar verdi. Ve Bekaa Vadisi’ne saldırdı ve fakat Suriye’nin uçaksavar sistemi iki ABD uçağını dĂŒĆŸĂŒrdĂŒ. Pilotlardan biri öldĂŒ, diğerini Suriye rehin aldı. Yani ABD, Suriye ve TĂŒrkiye arasında tampon bölge yaratmanın ne kadar zor olacağını tecrĂŒbelerine dayanarak da biliyor.

ABD bu hesabı yapıyor mu, kaç uçak kalkmalı gibi?

Tabii yapıyor. Hem de çok daha detaylı hesaplar... No fly-zone yaratman için devamlı o bölgede uçakla devriye gezmen gerekiyor. Irak SavaĆŸÄ± döneminde ben ABD DÄ±ĆŸiƟleri’nde çalÄ±ĆŸtığım için çok iyi biliyorum ki devriye gezmek de çok zor. O dönemde Iraklılar hemen her gĂŒn radarlarıyla ABD uçaklarını kilitliyordu ve bizim uçaklar da o radara misil atıyordu. Her gĂŒn Irak’ın uçaksavar sistemlerini bombalıyorduk ve çoğunu da vuramıyorduk. Yani tampon bölge son derece zordur. Birçok ĂŒrkĂŒtĂŒcĂŒ olay yaƟanır. Uçaksavar sistemini bir caminin yanına yerleƟtirirsen, tependeki uçak ister istemez camiyi, camideki sivilleri de vurabilir. Bunları Irak’ta gördĂŒk. TĂŒrkiye tĂŒm bunları yapabilir mi? Yapamaz.

Niye yapamaz?

En önemli sebep tecrĂŒbesi olmaması. TĂŒrkiye en son ne zaman bir ĂŒlkeyle savaƟa girdi? Belki Kıbrıs’ı sayabiliriz. TĂŒrkiye ordusu NATO’nun ikinci bĂŒyĂŒk ordusu olabilir ama tecrĂŒbesiz. İƟin komik tarafı da Ɵu
 Suriye’deki S-300 uçaksavar sistemini bir dönem, 1998-99’da Kıbrıs almayı dĂŒĆŸĂŒnĂŒyordu. İƟte o zaman TĂŒrkiye Hava Kuvvetleri Ä°srail’de S-300’leri sindirme talimi yaptı. Ă‡ĂŒnkĂŒ bu uçaksavarla nasıl baƟ edebileceğini bilmiyordu.

ABD bu hesaplar sonucu tampon bölge konusunda ne karar verdi?

ABD olarak istemiyoruz, kesinlikle yapmayacağız. Obama seçilirse kesinlikle yapılmayacak. Romney seçilirse de çok kĂŒĂ§ĂŒk ihtimal. Ă‡ĂŒnkĂŒ kim baƟkanlığına bir savaƟla baƟlamak ister? Bir ay önce Washington Post’ta ‘Niçin Suriye’ye girmemeliyiz’ baƟlıklı makalem yayımlandı. ArgĂŒmanlarımdan biri Ɵuydu: Artık ABD’nin MĂŒslĂŒman ĂŒlkeleri bombalamaması lazım. Yetti de arttı! Tampon bölge yaratalım derken siviller ölecek ve herkes bizim sivilleri öldĂŒrdĂŒÄŸĂŒmĂŒzĂŒ hatırlayacak. ABD DÄ±ĆŸiƟleri’nden birçok ĂŒst dĂŒzey yetkili arayıp ne kadar haklı olduğumu söyledi.

ABD, bu iƟe girmeyeceğini TĂŒrkiye’ye net anlatıyor mu?

Elbette. TĂŒrkiye bunu gayet iyi biliyor. Eğer Romney seçilirse, daha Ɵahin bir dÄ±ĆŸ politika izleyeceği için belki Suriyeli isyancılara silah yardımında bulunabilir. ABD’nin gireceği maksimum iliƟki bu olacaktır.

TĂŒrkiye’nin son bir yılda izlediği Suriye politikasının bir alternatifi var mıydı?

Yanı baĆŸÄ±nızda böyle bir savaƟ varken, fazla da bir seçeneğiniz yoktur. Ve bence TĂŒrkiye ilk etapta kendisini suçlu hissetti. Ă‡ĂŒnkĂŒ BeƟƟar’ı kucaklayan TĂŒrkiye’ydi. Politikasını böyle agresif biçimde Ɵekillendirmesinin bir sebebi bu, bir diğeri de BeƟar’ın çok daha erken dĂŒĆŸeceği hesabını yapması oldu. O noktada biraz yanıldı. Muazzam özgĂŒveni de bu hesabı yanlÄ±ĆŸ yapmasına sebep oldu.

Ne özgĂŒveni?

Biz Esad’a karĆŸÄ± çıkarsak, Esad tutunamaz özgĂŒvene. Ve Libya’dan Ă¶ÄŸrendiğini dĂŒĆŸĂŒndĂŒÄŸĂŒ derse göre hareket planı çizdi. Hatırlayın, Libya tavrını. Önce ‘Batı’nın Libya’da ne iƟi var’ diye öfkelendi. Fakat sonra Bingazi’de TĂŒrkiye aleyhtarı nĂŒmayiƟler oldu, TĂŒrkiye bir anda istenmediğini gördĂŒ. Ve 180 derece döndĂŒ. Dedi ki, ‘MĂŒbarek dĂŒĆŸtĂŒ, Kaddafi dĂŒĆŸtĂŒ, Esad da biraz sonra dĂŒĆŸecek’. Öyle olmadı. Þimdi zararın neresinden dönersek kĂąr mantığıyla Esad’ın dĂŒĆŸmesi, savaĆŸÄ±n bitmesi için isyancılara yardım ediyor.

Suriye politikası Ɵekillenirken bir KĂŒrt bölgesi hesaplanabilir miydi?

Elbette ama Esad’a karĆŸÄ± alınan pozisyon sonucu değiƟtirmezdi. İç savaĆŸÄ±n sonucu olarak TĂŒrkiye’nin tavrından bağımsız kuzeyde bir KĂŒrt bölgesi oluƟacaktı.

Kuzey Suriye’de, Kuzey Irak gibi bir bölgesel yönetim olabilir mi?

Biraz zor Ă§ĂŒnkĂŒ bir devamlılık sorunu var. Sınıra bakarsanız, Kuzey Irak gibi birleƟik bir KĂŒrt bölgesi olmadığını, arada Arap bölgeleri olduğunu görĂŒrsĂŒnĂŒz. Ama PYD bayağı gĂŒĂ§leniyor, orası kesin. PYD ve PKK akıllıca bir politika gĂŒdĂŒyor. Ortada bir iç savaƟ var, Ve örneğin iki sene sonra kazananın elindeki Suriye tamamen periƟan bir Suriye olacak. PYD ve PKK bekleyerek sonuçta kuvvetli bir biçimde ortaya çıkacak.

Bunun TĂŒrkiye KĂŒrtleri için anlamı ne?

Kısa vadede bu rĂŒzgĂąr PKK ve Öcalan’ın iƟine yarayacak. Fakat orta vadede atlanmaması gereken, Barzani unsurudur. Kuzey Irak’taki pozisyon, 20. yĂŒzyılın baĆŸÄ±ndan beri KĂŒrtlerin elde ettiği en iyi pozisyon. Barzani bunu riske atmaz. Bu ne demek? Ankara’yla iyi iliƟkileri muhafaza etmeniz gerekir. Kuzey Irak’taki KĂŒrtler için bir tarafta Suriye, bir tarafta Ä°ran varken, en doğru mĂŒttefik Ankara’dır.

O zaman sizce PKK kartını nasıl oynayacak?

Þu anda TĂŒrkiye ve PKK adımlarını bir kart oyununa çevirdi. Bir çeƟit satranç ya da poker. Devlet KCK operasyonlarını, PKK da yĂŒkselen Ɵiddeti kullanıyor. PKK’nın Suriye’deki KĂŒrt rĂŒzgĂąrını fırsat bilip TĂŒrkiye’ye gĂŒcĂŒnĂŒ göstermek için Ɵiddeti tırmandırması uzun vadede çok yanlÄ±ĆŸ. Doğru adım, Ɵiddeti sonlandırıp “Bak istersem seni çok zor durumda bırakabiliyorum ama Ɵimdi gel mĂŒzakere masasına oturalım” demesi.

Sizce ikinci Oslo görĂŒĆŸmeleri baƟlar mı?

Aldığım duyumlar cumhurbaƟkanlığı seçimlerine kadar ikinci bir Oslo’nun olmayacağı yönĂŒnde. Ä°nsan mantıken, KĂŒrt sorununu bĂŒyĂŒk ölĂ§ĂŒde halletmiƟ bir Ɵekilde cumhurbaƟkanlığı seçimine girmenin daha doğru olacağını ve liderlerin de böyle davranacağını dĂŒĆŸĂŒnĂŒyor. Ama unutmayın, savaƟmak her zaman barÄ±ĆŸmaktan daha kolaydır.

Kemalist solun yaptığı Esadçılık

Suriye’yle savaƟa girmek istemeyen, tezkereye karĆŸÄ± çıkan doğrudan Esadçı mı olur?

Eğer sen Esad’ın demokratik bir lider olduğunu dĂŒĆŸĂŒndĂŒÄŸĂŒn için savaƟa karĆŸÄ± çıkıyorsan, Esadçısın. Fakat tezkerenin çok muğlak olduğunu, oraya adım atmanın seni beklemediğin, bilmediğin bir maceraya götĂŒreceğini söylĂŒyorsan gayet meƟru bir pozisyon almÄ±ĆŸsın demektir.

Suriye’de insanlar ölĂŒrken bu pozisyon meƟru ama ahlaken doğru mu?

Ä°yi ama TĂŒrkiye’nin Meclis’ten geçirdiği tezkere Esad’ın insanları öldĂŒrmesini engellemek için çıkarılmadı ki. Ve yine Suriye’de insanların ölmesini engellemeyecek ki. Yalnız bu tezkere tartÄ±ĆŸmaları sırasında ve Suriye’yle ilgili CHP’nin ve Kemalist solun takındığı tavır Esadçılık.

Neden?

Ă‡ĂŒnkĂŒ CHP en baƟtan beri Esad’a arka çıkmaya çalÄ±ĆŸÄ±yor. CHP’nin, TĂŒrkiye’nin savaƟa girmemesini istemesi gayet doğal. Öte yandan AK Parti’yi Amerikan taƟeronluğuyla suçlamak son derece abes. Meclis’te bir CHP’li vekil, “Sen TĂŒrkiye’den yana mısın, Obama’dan yana mısın” deyiverdi. Bu mu yani?
Her Ɵeyi Amerikan emperyalizmine bağlamak nasıl bir politika? Kan gövdeyi götĂŒrĂŒyor Suriye’de, nerede Amerikan emperyalizmi?


Not: Henri Barkey kim?

Henri J. Barkey akademisyen

Lehigh Üniversitesi Uluslararası Ä°liƟkiler BölĂŒm BaƟkanı


Ä°stanbul'da doğup bĂŒyĂŒdĂŒ. Doktorasını Pennsylvania Üniversitesi Siyaset Bilimi bölĂŒmĂŒnde tamamladı. 1998-2000 yılları arasında Amerikan DÄ±ĆŸiƟleri Bakanlığı'nın Politika Planlama BölĂŒmĂŒ'nde TĂŒrkiye, Yunanistan, Kıbrıs, Irak ve istihbarat alanlarında direkt dÄ±ĆŸiƟleri bakanına bağlı çalÄ±ĆŸtı. Ortadoğu ve TĂŒrkiye uzmanı Barkey, eski CIA görevlisi Graham Fuller'la "KĂŒrt Sorunu" adlı kitabı yazdı. Makaleleri Los Angeles Times, The International Herald Tribune gibi gazetelerde yayımlanan Barkey, News Hour, CNBC, ABC News and NPR gibi televizyonlarda siyaset yorumculuğu yapıyor.

Barkey, CIA'in ĂŒst dĂŒzey yöneticilerinden Graham FĂŒller'le birlikte yazdığı TĂŒrkiye'nin KĂŒrt Sorunu (Turkey's Kurdish Question) adlı kitapla TĂŒrkiye'de pek çok kesimin dikkatini çekmiƟti. ABD'nin Princeton, Columbia, Pennsylvania ve New York Devlet Üniversitesi gibi öndde gelen okullarında dersler de vermiƟ olan Barkey, Newsweek, Washington Post ve Wall Street Journal gibi medya kuruluƟlarında yazılar yayınlıyor. Þu anda Carnegie Endowment For International Peace adlı dĂŒĆŸĂŒnce kuruluƟunda çalÄ±ĆŸÄ±yor.


Barkey'in bir konferans videosu:

http://www.youtube.com/watch?v=iiiZpKhe-Y8

BĂŒtĂŒn bu unsurlari yanyana koyunca, tĂŒrk hĂŒkĂŒmetinin ne denli yanlis ve maceraci politika izledigi, ileri görĂŒslĂŒlĂŒkten ne denli uzak oldugu ve zĂŒzgarin yönĂŒne kapilandigi daha da açik ortaya çikiyor. (RRR)
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MessagePosté le: 15 Oct 2012 9:37    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
je fais partie de ces gens qui ont l'intime conviction que la Turquie n'a rien Ă  gagner dans cette affaire syrienne...


Moi aussi Murat
L'article que j'ai porté ci-dessus, du Prof. Henry Barkey, qui a des liens étroits avec l'establishment us, de façon manifeste, renforce mon inquiétude.
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MessagePosté le: 15 Oct 2012 19:09    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:

Evet böyle bir sözĂŒ Generalisimo Egemen BaÄŸÄ±ĆŸâ€™tan duydum ben de. Herhalde kendisi AB’yi bıraktı, Savunma Bakanlığı’na geçti!


Dogrusu bu cumle de yanlis çeviri yoksa alay ve hakaret var ki beni çok sasirtti !

Citation:


Yanı baĆŸÄ±nızda böyle bir savaƟ varken, fazla da bir seçeneğiniz yoktur. Ve bence TĂŒrkiye ilk etapta kendisini suçlu hissetti. Ă‡ĂŒnkĂŒ BeƟƟar’ı kucaklayan TĂŒrkiye’ydi. Politikasını böyle agresif biçimde Ɵekillendirmesinin bir sebebi bu, bir diğeri de BeƟar’ın çok daha erken dĂŒĆŸeceği hesabını yapması oldu. O noktada biraz yanıldı. Muazzam özgĂŒveni de bu hesabı yanlÄ±ĆŸ yapmasına sebep oldu.

Ne özgĂŒveni?

Biz Esad’a karĆŸÄ± çıkarsak, Esad tutunamaz özgĂŒvene. Ve Libya’dan Ă¶ÄŸrendiğini dĂŒĆŸĂŒndĂŒÄŸĂŒ derse göre hareket planı çizdi. Hatırlayın, Libya tavrını. Önce ‘Batı’nın Libya’da ne iƟi var’ diye öfkelendi. Fakat sonra Bingazi’de TĂŒrkiye aleyhtarı nĂŒmayiƟler oldu, TĂŒrkiye bir anda istenmediğini gördĂŒ. Ve 180 derece döndĂŒ. Dedi ki, ‘MĂŒbarek dĂŒĆŸtĂŒ, Kaddafi dĂŒĆŸtĂŒ, Esad da biraz sonra dĂŒĆŸecek’. Öyle olmadı. Þimdi zararın neresinden dönersek kĂąr mantığıyla Esad’ın dĂŒĆŸmesi, savaĆŸÄ±n bitmesi için isyancılara yardım ediyor.

Yanı baĆŸÄ±nızda böyle bir savaƟ varken, fazla da bir seçeneğiniz yoktur. Ve bence TĂŒrkiye ilk etapta kendisini suçlu hissetti. Ă‡ĂŒnkĂŒ BeƟƟar’ı kucaklayan TĂŒrkiye’ydi. Politikasını böyle agresif biçimde Ɵekillendirmesinin bir sebebi bu, bir diğeri de BeƟar’ın çok daha erken dĂŒĆŸeceği hesabını yapması oldu. O noktada biraz yanıldı. Muazzam özgĂŒveni de bu hesabı yanlÄ±ĆŸ yapmasına sebep oldu.

Ne özgĂŒveni?

Biz Esad’a karĆŸÄ± çıkarsak, Esad tutunamaz özgĂŒvene. Ve Libya’dan Ă¶ÄŸrendiğini dĂŒĆŸĂŒndĂŒÄŸĂŒ derse göre hareket planı çizdi. Hatırlayın, Libya tavrını. Önce ‘Batı’nın Libya’da ne iƟi var’ diye öfkelendi. Fakat sonra Bingazi’de TĂŒrkiye aleyhtarı nĂŒmayiƟler oldu, TĂŒrkiye bir anda istenmediğini gördĂŒ. Ve 180 derece döndĂŒ. Dedi ki, ‘MĂŒbarek dĂŒĆŸtĂŒ, Kaddafi dĂŒĆŸtĂŒ, Esad da biraz sonra dĂŒĆŸecek’. Öyle olmadı. Þimdi zararın neresinden dönersek kĂąr mantığıyla Esad’ın dĂŒĆŸmesi, savaĆŸÄ±n bitmesi için isyancılara yardım ediyor.


Burada da bir Amerikali'dan geldigi için çik sert bir elestiri var. Ama bu analiz ne yazik ki benim için dogru.


Citation:

Suriye’yle savaƟa girmek istemeyen, tezkereye karĆŸÄ± çıkan doğrudan Esadçı mı olur?

Eğer sen Esad’ın demokratik bir lider olduğunu dĂŒĆŸĂŒndĂŒÄŸĂŒn için savaƟa karĆŸÄ± çıkıyorsan, Esadçısın. Fakat tezkerenin çok muğlak olduğunu, oraya adım atmanın seni beklemediğin, bilmediğin bir maceraya götĂŒreceğini söylĂŒyorsan gayet meƟru bir pozisyon almÄ±ĆŸsın demektir.

Suriye’de insanlar ölĂŒrken bu pozisyon meƟru ama ahlaken doğru mu?

Ä°yi ama TĂŒrkiye’nin Meclis’ten geçirdiği tezkere Esad’ın insanları öldĂŒrmesini engellemek için çıkarılmadı ki. Ve yine Suriye’de insanların ölmesini engellemeyecek ki.


Bu soylem bana tam anlamiyla uyuyor. Hep onu diyoruz Turkiye'nin bu iste hiçbir çikari yok, tersine kaybedecegi çok sey var diye...

CHP'nin tutumu konusunda birsey diyemecegim çunku çok iyi bilmiyorum ama bir CHP'li demedi ml "Esat'in cani cehenneme..." yani bana ne Esat'ttan ben evimdeki yanginda korkarim gibisinden?

Citation:

Her Ɵeyi Amerikan emperyalizmine bağlamak nasıl bir politika? Kan gövdeyi götĂŒrĂŒyor Suriye’de, nerede Amerikan emperyalizmi?


Burada Amerikaliligini tutmus. Evet kan govdeyi goturuyor ama fitili kim atesledi, hem de Suriye'yi dusurup Iran uzerinde nufuz kurmak stratejisiyle...

Sonuç olarak bu soylem ile Thierry Meysan'in dedikleri arasinda bir ortusme var, Amerika daha fazla kilini kipirdatmayacak. Olan bize oluyor iki cami arasinda kaldik...
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MessagePosté le: 03 Nov 2012 2:48    Sujet du message: Répondre en citant

Korkunç bir video, insanin içi ĂŒrperiyor

http://www.yurtgazetesi.com.tr/dunya/isyanci-vahsetine-bir-kanit-daha-18-h21975.html

https://www.youtube.com/watch?v=AjOP9rXrM1s&feature=player_embedded


Not: Bu temanin basligi artik konuya uygun degil. Sadece Suriye açsindan görĂŒlenler yazilmiyor burada. Acaba degistirme olanagi var mi?
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MessagePosté le: 03 Nov 2012 3:07    Sujet du message: Répondre en citant

Un article intéressant tout à fait à sa place dans le sujet "Turquie-Syrie"

http://www.voltairenet.org/article176392.html

Les mauvais perdants de la crise syrienne
par Thierry Meyssan

En 2010, la France a fait le choix de relancer sa politique coloniale. Cela l’a conduit Ă  changer le rĂ©gime en CĂŽte d’Ivoire et en Libye, puis Ă  essayer de la faire en Syrie. Mais face Ă  l’échec de cette troisiĂšme opĂ©ration, Paris se trouve emportĂ© par les Ă©vĂ©nements qu’il a provoquĂ©s. AprĂšs avoir armĂ© et encadrĂ© des groupes terroristes en Syrie, la DGSE a frappĂ© au cƓur de la capitale libanaise.
RĂ©seau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 28 octobre 2012

Lors d’une table ronde Ă  Ankara, l’amiral James Winnefeld, chef d’état-major adjoint des USA, a confirmĂ© que Washington rĂ©vĂ©lerait ses intentions Ă  l’égard de la Syrie, dĂšs l’élection prĂ©sidentielle du 6 novembre terminĂ©e. Il a clairement fait comprendre Ă  ses interlocuteurs turcs qu’un plan de paix avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© nĂ©gociĂ© avec Moscou, que Bachar el-Assad resterait en place et que le Conseil de sĂ©curitĂ© n’autoriserait pas la crĂ©ation de zones tampons. De son cĂŽtĂ©, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint de l’ONU chargĂ© des opĂ©rations de maintien de la paix, HervĂ© Ladsous, a confirmĂ© qu’il Ă©tait en train d’étudier les possibilitĂ©s de dĂ©ploiement de casques bleus en Syrie.

Tous les acteurs de la rĂ©gion se prĂ©parent donc Ă  un cessez-le-feu imposĂ© par une force onusienne principalement composĂ©e de troupes de l’Organisation du TraitĂ© de sĂ©curitĂ© collective (ArmĂ©nie, BiĂ©lorussie, Karazkhstan, Kirghizistan, Russie, Tadjikistan). De facto, cela signifie que les Etats-Unis poursuivent leur retrait de la rĂ©gion, dĂ©butĂ© en Irak, et acceptent d’y partager leur influence avec la Russie.

SimultanĂ©ment, le New York Times a rĂ©vĂ©lĂ© que des pourparlers directs vont reprendre entre Washington et TĂ©hĂ©ran, alors mĂȘme que les États-Unis s’appliquent Ă  couler la monnaie iranienne. En clair, aprĂšs 33 ans de containement, Washington admet que TĂ©hĂ©ran est une puissance rĂ©gionale incontournable, tout en continuant Ă  saboter son Ă©conomie.

Cette nouvelle donne se fait au dĂ©triment de l’Arabie saoudite, de la France, d’IsraĂ«l, du Qatar et de la Turquie qui avaient tous misĂ© sur un changement de rĂ©gime Ă  Damas. Cette coalition hĂ©tĂ©roclite se divise dĂ©sormais entre ceux qui rĂ©clament un lot de consolation et ceux qui tentent de saboter le processus en cours.

D’ores et dĂ©jĂ , Ankara a changĂ© son fusil d’épaule. Recep Tayyip Erdogan, qui se disait prĂȘt au pire, tente de se rĂ©concilier avec TĂ©hĂ©ran et Moscou. Quelques jours aprĂšs avoir insultĂ© les Iraniens et fait molester des diplomates russes, il est devenu tout sourire. Il a profitĂ© du sommet de l’Organisation de CoopĂ©ration Economique Ă  Bakou pour rencontrer le prĂ©sident Mahmoud Ahmadinejad. Il lui a proposĂ© de mettre en place un dispositif complexe de discussion sur la crise syrienne qui permette Ă  la fois Ă  la Turquie et Ă  l’Arabie saoudite de ne pas rester au bord du chemin. Soucieux de ne pas humilier les perdants, le prĂ©sident iranien s’est montrĂ© ouvert Ă  cette initiative.


Le Qatar, de son cĂŽtĂ©, est dĂ©jĂ  en quĂȘte de nouveaux espaces pour ses ambitions. L’émir Hamad s’est offert un voyage Ă  Gaza et s’est posĂ© en protecteur du Hamas. Il verrait d’un bon Ɠil le renversement du roi de Jordanie, la transformation du royaume hachĂ©mite en une rĂ©publique palestinienne et l’installation au pouvoir de ses protĂ©gĂ©s de la ConfrĂ©rie des FrĂšres musulmans.

Restent IsraĂ«l et la France qui ont constituĂ© un front du refus. La nouvelle donne serait une garantie de protection pour l’État d’IsraĂ«l, mais mettrait fin Ă  son statut particulier sur la scĂšne internationale et ruinerait ses rĂȘves expansionnistes. Tel-Aviv serait ravalĂ© au rang de puissance secondaire. Quand Ă  la France, elle y perdrait son influence dans la rĂ©gion, y compris au Liban. C’est dans ce contexte que les services secrets des deux États ont conçu une opĂ©ration pour faire Ă©chouer l’accord USA-Russie-Iran. Dans l’hypothĂšse oĂč cette opĂ©ration Ă©chouerait, elle devrait quand mĂȘme permettre d’effacer les preuves de l’ingĂ©rence dans la crise syrienne.

La France a d’abord fait circuler une rumeur selon laquelle le prĂ©sident Bachar el-Assad aurait commanditĂ© au Hezbollah l’assassinat de cinq personnalitĂ©s libanaises : le chef des Forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, le directeur des forces du ministĂšre de l’IntĂ©rieur, le grand mufti, le patriarche maronite et l’ancien Premier ministre Fouad Siniora. Puis, Paris a sacrifiĂ© Michel Samaha —qui lui servait d’agent de liaison avec les services syriens, mais venait de tomber en disgrĂące Ă  Damas et Ă©tait donc devenu inutile—. Le brillant et versatile politicien est tombĂ© dans un piĂšge tendu par le gĂ©nĂ©ral Wissam el-Hassan —chef des FSI et lui mĂȘme agent de liaison avec les salafistes—. Puis, Paris a sacrifiĂ© le gĂ©nĂ©ral Wissam el-Hassan, qui non seulement Ă©tait devenu inutile en cas de paix en Syrie, mais dangereux tant il savait de choses. Ainsi la rumeur française s’est rĂ©alisĂ©e : le premier sur la liste des cibles est mort, et une personnalitĂ© pro-syrienne a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e en prĂ©parant un attentat contre une autre cible de la liste.

Comme aux États-Unis oĂč le secrĂ©taire Ă  la DĂ©fense Robert Gates a assurĂ© la continuitĂ© politique dans l’ombre de l’alternance Bush/Obama, en France le gĂ©nĂ©ral BenoĂźt Puga gouverne que ce soit dans l’ombre de Sarkozy ou celle d’Hollande.

Au cƓur de cette machination, on trouve le gĂ©nĂ©ral BenoĂźt Puga. Cet ancien commandant des OpĂ©rations spĂ©ciales et directeur du Renseignement militaire français a Ă©tĂ© chef de l’état-major particulier du prĂ©sident Nicolas Sarkozy et a Ă©tĂ© maintenu Ă  son poste par le prĂ©sident François Hollande. Affichant un soutien inconditionnel Ă  la colonie juive de Palestine [1] et des relations privilĂ©giĂ©es avec les nĂ©o-conservateurs US, il a relancĂ© la politique coloniale de la France en CĂŽte d’Ivoire, en Libye et en Syrie. Il Ă©tait l’agent traitant Ă  la fois de Michel Samaha et de Wissam el-Hassan. Il est aujourd’hui l’homme fort Ă  Paris. En violation des institutions dĂ©mocratiques, il gouverne seul la politique proche-orientale de la France, bien que cette attribution ne corresponde pas Ă  ses fonctions officielles.
Thierry Meyssan

Source
New Orient News (Liban)
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MessagePosté le: 03 Nov 2012 3:24    Sujet du message: Répondre en citant

Raskolnikoff a écrit:

(...)


Not: Bu temanin basligi artik konuya uygun degil. Sadece Suriye açsindan görĂŒlenler yazilmiyor burada. Acaba degistirme olanagi var mi?



C'est fait ! Wink
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MessagePosté le: 03 Nov 2012 4:05    Sujet du message: Répondre en citant

Pour les forumeurs qui souhaitent avoir une documentation sur le conflit en cours, avec des sons de cloche diffĂ©rents, un article de Jerusalem Post avec des rĂ©fĂ©rences historiques. Ce qui fait l'intĂ©ret de cette publication, c'est aussi d'avoir Ă©tĂ© citĂ© et reproduit dans les Nouvelles de l'ArmĂ©nie. Ce qui est tout de mĂȘme curieux, c'est d'y voir les turcs de la RĂ©publique qualifiĂ©s d'ottomans Ă  plusieurs reprises....

http://www.jpost.com/EditionFrancaise/DiploMonde/Article.aspx?id=289929

L'original en anglais donne plus de détails, et je doute un peu de la justesse de la traduction française......

http://www.jpost.com/Magazine/Features/Article.aspx?id=288327
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MessagePosté le: 12 Nov 2012 14:07    Sujet du message: Répondre en citant

Entretien du président syrien à la télé russe, en anglais, avec des sous-titres en français, et des références importantes concernant la Turquie et la politique menée par Erdogan:

http://www.voltairenet.org/article176537.html


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MessagePosté le: 22 Nov 2012 9:42    Sujet du message: Répondre en citant

Bir hatirlatma....

http://video.sozcu.com.tr/esad-kardesini-boyle-anlatmisti.html

Un rappel de SözcĂŒ...quand Erdogan parle de son "frĂšre Assad", et de deux pays amis, Turquie et Syrie......
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MessagePosté le: 22 Nov 2012 16:46    Sujet du message: Répondre en citant

Emin ÇölaƟan

22 Kasım 2012 SözcĂŒ'den


Tayyip haykırıyordu: “KardeƟim Esad!..”



Sevgili okuyucularım, 12 EylĂŒl 2010 gĂŒnĂŒ TĂŒrkiye’de anayasa referandumu yapılacaktı.

Tayyip her yerde mitingler dĂŒzenleyip “Evet deyin” çağrıları yapıyordu.
KĂŒrsĂŒlerin arkasına koskoca “Evet” yazıları asılıyordu. YandaƟ ve iƟbirlikçi medya bu
kampanyaya bĂŒtĂŒn gĂŒcĂŒyle gaz veriyordu. Tayyip TĂŒrkiye’yi adım adım gezip “Aman haaa, evet demezseniz zor durumda kalırım” diye nutuk atıyordu.
GĂŒnlerden 15 Ağustos 2010

Tayyip bu kez Suriye’ye komƟu Gaziantep mitinginde konuƟuyor.
Þimdi bu konuƟmanın Suriye ve Esad’la ilgili bant çözĂŒmĂŒnĂŒ sizlere aynen iletiyorum. LĂŒtfen dikkatle okuyunuz, bu Ɵahsın nasıl çeliƟkiler içinde olduğunu, dĂŒn ak dediğine bugĂŒn nasıl kara dediğini iyice görĂŒnĂŒz.
Tayyip çıkmÄ±ĆŸ kĂŒrsĂŒye, çevreden toplanan partililere ve bindirilmiƟ kıtalara coƟkuyla, el kol hareketleriyle hitap ediyor:

* * *

“TĂŒrkiye on yıllar boyunca içine kapandı, içine kapatıldı. Ne dediler, ‘TĂŒrkiye’nin ĂŒĂ§ tarafı denizlerle, dört tarafı dĂŒĆŸmanlarla çevrili’ dediler. Biz geldik bu anlayÄ±ĆŸÄ± yıktık. Bu anlayÄ±ĆŸÄ± ortadan kaldırdık. Bunu en canlı Ɵekilde, en yakın Ɵekilde Gaziantep yaĆŸÄ±yor. TĂŒrkiye ve Suriye daha 7.5 yıl öncesine kadar birbirine husumetle (dĂŒĆŸmanlıkla) bakıyordu. Ä°ki ĂŒlke zaman zaman savaĆŸÄ±n eƟiğine geliyordu. Biz geldik, ESAD KARDEÞİMLE oturduk, iki ĂŒlke arasındaki meseleleri konuƟtuk.
Ä°stiƟare ettik (danÄ±ĆŸtık.) MĂŒzareke ettik

Ve TĂŒrkiye ile Suriye’yi bölgenin iki KARDEÞ, iki DOST ĂŒlkesi haline getirdik mi?
(Kalabalıktan eveeet sesleri.)
Her alanda iƟbirliğine gittik mi?
(Kalabalıktan eveeet sesleri.)
Ekonomide, ticarette, dÄ±ĆŸ politikada, kĂŒltĂŒrde, sanatta, ulaƟtırmada, bayındırlıkta iƟbirliği anlaƟmaları imzaladık mı?
(Bu anlaƟmaların imzalandığını bilen (!) kalabalıktan eveeet sesleri.)
Suriye ile aramızdaki mayınları temizlemek için adımlarımızı attık mı?
(Yine eveeet sesleri. Tayyip madeni bulmuƟ, kalabalığı okƟayıp gĂŒzelce bağırtıyor!)
Suriye ile aramızdaki vizeleri kaldırdık mı?
(Eveeet.)
Þimdi benim Gaziantepli kardeƟim cebine pasaportunu koyuyor, istediği gibi Halep’e gidiyor, Þam’a gidiyor. Halep’teki, Þam’daki, Lazkiye’deki, Hama ve Humus’taki kardeƟim cebine pasaportunu koyuyor, Gaziantep’e geliyor. Soruyorum, kim kazandı? Gaziantep kazandı dii’mi?
(Kalabalıktan eveeet sesleri.)
Esnaf kardeƟim kazandı dii’mi?
(Eveeet.)
TĂŒccar kazandı dii’mi?
(Eveeet.)
Sanayici kazandı dii’mi?
(Eveeet.)
VatandaĆŸÄ±m kazandı dii’mi?
(Amigo Tayyip kalabalığı bir kez daha bağırtıyor: ‘Eveeet’
 Ve sözlerini ĆŸĂ¶yle bitiriyor:)
BĂŒtĂŒn o korkuların, bĂŒtĂŒn o tehditlerin ne kadar boƟ olduğu ortaya çıktı. DĂŒĆŸman ĂŒretme politikasından yarar değil zarar gördĂŒÄŸĂŒmĂŒz ortaya çıktı.”
(Video bant burada bitiyor.)

* * *

Þimdi aradan ĂŒĂ§ yıl geçti, kendi kaprisleri ve mezhep anlayÄ±ĆŸÄ± nedeniyle Esad ile papaz oldu. Durup dururken, ortada hiçbir Ɵey yokken

“Esad kardeƟim” diyordu, “TĂŒrkiye ile Suriye’yi bölgenin iki kardeƟ, iki dost ĂŒlkesi haline getirdik, her alanda iƟbirliğine gittik, vizeleri kaldırdık” diyordu, övgĂŒler dĂŒzĂŒyordu!
Peki bu ĂŒĂ§ yıl içerisinde ne oldu, ne değiƟti?
Suriye’den TĂŒrkiye’ye bir tehdit mi geldi? Terör mĂŒ ihraç edildi? Saldırı mı oldu?
Hayır, hiçbir Ɵey olmadı. Sadece Tayyip’e ABD’den emir geldi:
“Biz Esad’ı devirmeye karar verdik, sen de gereğini yap, dĂŒĆŸman olduğunu açıkla!”

* * *

Adına Tayyip denilen bu Ɵahsın anlamsız kaprisleri nedeniyle, Suriye ile resmen dĂŒĆŸman olduk. KonuƟmasında bağırıyor:
“Bu yaptıklarımızdan Gaziantep kazandı dii’mi?.. Esnaf kardeƟim kazandı dii’mi?.. Sanayici kazandı dii’mi?.. TĂŒccar kazandı dii’mi?.. VatandaĆŸÄ±m kazandı dii’miii?..”
Bir de Ɵimdi gitsin oralara bakalım!.. Gaziantep, Hatay, Kilis

Suriye ile iliƟkiler tamamen kesilince oralarda ekonominin nasıl durduğunu, “VatandaĆŸÄ±nın” neler çektiğini, nasıl iƟsiz kaldığını, nasıl ana avrat sövdĂŒÄŸĂŒnĂŒ görsĂŒn.
Gidemez, gittiği takdirde protestoların altında ezilip kalır.

* * *

Þuna bakın yaa, Ɵu sözlerine bakın:
“BĂŒtĂŒn o korkuların, tehditlerin ne kadar boƟ olduğu ortaya çıktı. DÜÞMAN ÜRETME politikasından yarar değil, zarar gördĂŒÄŸĂŒmĂŒz ortaya çıktı.”
DĂŒn bu sözleri söyleyen Ɵahıs, bugĂŒn kendi ĂŒrettiği dĂŒĆŸmanlığın altında eziliyor. Hiçbir
gerekçesi olmadığından, söyleyecek söz bulamıyor.
Ortadoğu’ya Suriye ĂŒzerinden karayolu ile yapılan ihracatımız tĂŒmĂŒyle durdu. Þimdi Tayyip çözĂŒmĂŒ Ä°srail’de arıyor. TĂŒrk kamyonları artık Yunan gemisiyle Ä°srail’e taĆŸÄ±nıp oradan yola
devam ediyor da, gemilerle kaç kamyon taĆŸÄ±yacaksınız.
DĂŒn bu sözleri söyleyen Ɵahıs siyasi kimliği ile baƟka bir ĂŒlkede yaĆŸÄ±yor olsa, onu o makamda bir dakika tutmazlar.
Ya görevden alınır ve hesap sorulur, ya da istifa eder ve çekip gider.

Bu bandın sesli yayınını bizim gazetenin internet sitesinden www.sozcu.com.tr ‘deki bu linkten izleyebilirsiniz.


Ahmet nerede ağlıyor?

Gazze ve Filistin’den sorumlu Hariciye Nazırı Davutoğlu Ahmet’in dĂŒnkĂŒ görĂŒntĂŒleri gerçekten muhteƟemdi!
Þimdi Gazze’de turluyor, Ä°srail’e dayılanıyor
 Ve bir cenazenin baĆŸÄ±nda, gözlĂŒklerini de çıkarmÄ±ĆŸ, kameraların önĂŒnde ağlama pozları yapıyor. Belki de ağlıyor!
Ahmet Gazze’de gezinip iç siyasete malzeme ĂŒretirken, TĂŒrkiye Þemdinli’de yitirdiğimiz beƟ Ɵehidini toprağa veriyordu. Bu Ahmet vesaire gibilerin herhangi bir Ɵehit cenazesinde ağladığını bugĂŒne kadar hiç görmedik.
Kendilerini bir Ɵey zannediyorlar! Oraya buraya koƟturup Arapçılık oynarken, yabancı devlet
adamlarını TĂŒrkiye’ye davet edip ağırlarken, nutuk atarken, yandaƟ medyaya konuƟurken keyifleri gıcır! Devletin ve milletin parasıyla lĂŒks içinde yaƟarken de öyle!
Hariciye Nazırı Ahmet’in konut kirası olarak bu devletin ayda tam 51 bin lira ödediğini
biliyor musunuz?
Ankara Kırlangıç sokaktaki beƟ katlı villanın sadece kirası 51 bin lira. Öteki harcamalarla birlikte devlete maliyeti 60 bin liraya yaklaĆŸÄ±yor. İçeride aĆŸĂ§Ä±lar, uƟaklar, hizmetçiler,
garsonlar, sekreterler
 Kapısında koruma ordusu, altında son model devlet araçları 
Ne Ahmet’miƟ bu be!..
Böyle bir saltanat dĂŒnyanın sadece hırsız yönetimlerinde var

Ve bizim Ahmet Gazze’de ağlama pozları veriyor, ağlıyor!
BeƟ katlı sĂŒperlĂŒks villasında devletin ve milletin parasıyla krallar gibi yaĆŸÄ±yor,
TĂŒrkiye’de ağlamasına gerek kalmıyor!

* * *

Emin ÇölaƟan’ın notu: Suudi Arabistan’da bulunan Genelkurmay BaƟkanı Necdet Bey,
Riyad’daki Fethullah okulunu ziyaret etti. Bir bu eksikti!
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